Actuellement au sud-est de l'Afrique du Sud, qu'ils ont quittée samedi, et aux prises avec des vents de 40 noeuds et des creux de 6 à 8 mètres, les huit équipages remonteront ensuite vers le nord-est, avant de rejoindre Cochin, au sud-ouest de l'Inde, où ils sont attendus début décembre.
Et même si le risque est infime pour ces voiliers de compétition voguant à plus de 20 noeuds de croiser le sillage des pirates somaliens, alors que la flotte restera très éloignée de la côte Est de l'Afrique, la menace a été prise au sérieux par les organisateurs.
"Comme pour chaque course, nous avons alerté les autorités maritimes du passage de la flotte et les navires militaires qui sillonnent dans la région reçoivent les positions des voiliers par la United Kingdom Maritime Trade Organization (UKMTO)", basée à Dubai, explique Marcus Hutchinson, directeur de la communication de l'épreuve.
Le PC course, établi à Southampton (sud de l'Angleterre) reçoit également "toutes les 2 à 3 minutes", par satellite, la position de chaque voilier, sa vitesse, son cap et même la hauteur de la houle, pour pouvoir intervenir à tout moment en cas de situation anormale.
"De plus, avant le départ du Cap, les 88 marins ont été sérieusement sensibilisés aux risques de piraterie, par un spécialiste, Graeme Gibbon Brooks, de la société Dryad Maritime", ajoute M. Hutchinson, joint au téléphone par l'AFP.
Mais surtout, les organisateurs ont établi une marque de passage au sud de l'île Maurice, sur le 58e méridien Est ainsi qu'une zone interdite, au nord-ouest de l'île Maurice.
"Même s'ils rasent cette ligne, les voiliers resteront à 650 milles de la Somalie. Et comme tous les voiliers ont choisi une option Est avant de remonter vers l'Inde, ils ont peu de chances de se trouver à moins de 1000 milles des côtes somaliennes", ajoute M. Hutchinson.
Une distance de sécurité qui devrait les tenir éloignés de la zone où opèrent les pirates, même si ces derniers, à bord de puissants bateaux, se sont emparés le week-end dernier du superpétrolier saoudien Sirius Star loin des côtes.
"Pour cette 2e étape, nous passons raisonnablement loin de la zone à risque", estimait avant le départ Anders Lewander, le skippeur du bateau suédois Ericsson 3. "Il y a d'autres zones à risque, l'important c'est d'être au courant", ajoutait-il.
Au terme de cette deuxième étape, les équipages de la Volvo Race, l'ex-Whitbread, qui s'aventure en Inde ou en Chine pour la première fois en 35 ans d'histoire, n'en auront en effet pas fini avec les menaces d'attaques de pirates.
L'étape suivante les emmènera d'abord vers Singapour, en passant par le sud du Sri Lanka et le détroit de Malacca, considérés comme zones à risque par le Bureau maritime international. Les étapes 4 et 5 vers Qingdao (Chine) puis vers Rio, au départ de la Chine, conduiront également les bateaux vers des zones dangereuses, au large des Philippines ou entre la Malaisie et l'île indonésienne de Sumatra.
AFP











