VINGT-DEUX ANS après sa mort, Coluche s’invite à nouveau à la table des Français. Antoine de Caunes le ressuscite dans le film « Coluche, l’histoire d’un mec », attendu mercredi prochain dans 470 salles. C’est le comédien François-Xavier Demaison qui s’est glissé dans la fameuse salopette pour restituer le personnage, à la fois côté lumière (les fêtes gargantuesques avec ses potes, les spectacles au Gymnase) et côté sombre (la drogue, sa séparation avec sa femme).
« J’étais fan de Coluche, de son insolence, sa grossièreté, mais faire un film sur sa vie ne m’intéressait pas, raconte Antoine de Caunes. En revanche, j’avais de l’affection pour le bordel qu’il avait mis avec sa candidature dans un pays verrouillé politiquement et sur le plan des moeurs. Et je trouvais que son histoire, dans cette période-là, avait des résonances aujourd’hui. C’est parce que la société s’est à nouveau cadenassée qu’on aurait besoin d’un Coluche aujourd’hui. »
On a tous gardé quelque chose de Michel Colucci
Au rayon comique, en tout cas, Antoine de Caunes ne lui voit pas d’héritier. « Qu’est-ce qu’on a fait de cette liberté apportée par les Coluche, Desproges ou Bedos ? Même quand ils ont l’air de protester, les humoristes actuels ne racontent pas grand-chose de consistant. » En revanche, on a tous gardé, dans un coin de la tête, quelque chose de Michel Colucci. Qu’il s’agisse du « Schmilblick », de sa campagne électorale, des Restos du coeur, de son rôle magistral dans « Tchao Pantin », l’Enfoiré reste présent. « C’est devenu un mythe, et les mythes ne meurent jamais », analyse le publicitaire Jacques Séguéla. « La crise est en train de casser l’ordre établi et je suis sûr qu’on va voir surgir des personnalités comme Coluche qui vont casser les codes », prédit-il, optimiste.
A l’heure des faillites bancaires, des parachutes dorés, de la pauvreté galopante, des people de pacotille, sûr que le trublion au grand coeur aurait trouvé matière à dézinguer, voire à s’engager dans une autre croisade. « Quelques jours avant sa mort, il m’avait dit, très sérieusement, qu’il comptait se présenter à la présidentielle de 2012, quand il serait vieux », assure son ami Jean-Michel Vaguelsy.
Le Parisien








