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THEATRE.

Claude Rich au pouvoir

C’est l’un des temps forts de la rentrée : le comédien incarne le cardinal Mazarin dans « le Diable rouge » au Théâtre Montparnasse. Après Galilée, Talleyrand, Blum et Voltaire, il se réjouit de jouer un autre grand personnage historique.

Propos recueillis par Pierre Vavasseur | 06.09.2008, 07h00
 

DEPUIS hier soir, au côté de Geneviève Casile sur la scène du Théâtre Montparnasse, il incarne Mazarin dans « le Diable rouge »*, une pièce d’Antoine Rault dont il avait déjà joué « le Caïman », mise en scène par Christophe Lidon. Il est midi. Nous sommes l’avant-veille de la première et Claude Rich , 79 ans, s’est couché à 3 heures du matin.

« Je suis un perfectionniste », avoue ce monstre de théâtre, figure de proue de la rentrée.

Vous voilà en Mazarin… Qu’est-ce qui vous plaît dans le personnage ?

Claude Rich. Au départ je n’avais de Mazarin qu’une idée à la Alexandre Dumas, cette espèce d’italiano-machin (sic) qui fait des plaisanteries, qui est toujours excessif. J’ai pensé que ce n’était pas pour moi. Mais petit à petit, j’ai vu à quel point c’était un grand politique, avec un sens de l’état formidable. Et ambigu aussi. Il dit des choses, il en pense d’autres…

Comment vous préparez-vous pour ce genre de rôle ? Lisez-vous des biographies ?

Je l’avais fait pour Talleyrand quand j’ai joué « le Souper » (NDLR : de Jean-Claude Brisville.). J’ai lu beaucoup de livres sur lui et à chaque fois je me disais : « On aurait dû mettre ça et ça… » En plus, ils étaient tous différents les uns des autres. Au final, il vaut mieux faire confiance à l’auteur.

« A l’école, je n’étais bon… en rien »

Vous semblez avoir un faible pour les personnages historiques…

J’en ai joué beaucoup, c’est vrai. Galilée, Talleyrand, Blum, Voltaire… On m’a aussi proposé de Gaulle mais, outre que je n’étais pas libre pour le faire, je ne sais pas si j’aurais accepté. Pour les gens de ma génération, de Gaulle n’est pas un personnage qu’on peut incarner. Je me souviens que quand j’ai joué le général Leclerc, la famille de Hauteclocque était furieuse.

A l’école, vous étiez bon en histoire ?

J’aimais bien l’histoire, mais je n’étais pas bon. Parce que je n’étais bon… en rien ! Tout a changé pour moi lorsque ma mère m’a placé dans une petite pension. J’étais un enfant souffreteux. Nous étions quinze élèves. Notre professeur et directeur adorait le théâtre. Nous jouions devant des paravents, nous fabriquions des marionnettes. C’est là que la passion m’est venue.

Auriez-vous pu être un fin politique comme Mazarin ?

En tant qu’acteur peut-être… Mais sinon, non. Attention ! Je m’intéresse à tout ce qui est politique, mais dans le sens généreux du terme. Pas du tout à l’aspect politicien.

Pensez-vous que cette pièce puisse trouver un écho actuel ?

L’auteur connaît bien le monde politique et les conseils que donne Mazarin ressemblent à ce qu’on lit dans les journaux…

Quel genre d’acteur êtes-vous au travail ? Docile ou casse-pieds ?

Je ne sais pas très bien… Ce que je sais, c’est que je participe à l’écriture et aux dialogues des pièces que je joue. J’ai toujours fait ça. Je l’ai fait avec « le Souper », avec « le Caïman »… Je vois ce que je peux aménager. Je suis un peu comme Mazarin, je traficote…

* Théâtre Montparnasse, 31, rue de la Gaîté, 75014 Paris. Du mardi au samedi à 20 h 30. Matinée le samedi à 17 h 30. Places : de 18 à 50 €. Location : 01.43.22.77.74.

Le Parisien

 
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