DE LA PALME D’OR cannoise à l’Oscar du meilleur film étranger ? Il est trop tôt pour prendre les paris. Deux mois avant la cérémonie, « Entre les murs », le film de Laurent Cantet adapté du roman à succès de François Bégaudeau, s’ouvre en tout cas la route de l’Amérique. Moins d’un an après l’Oscar 2008 de la meilleure actrice remporté en février par Marion Cotillard pour « la Môme », on reparle déjà du cinéma français à Hollywood.
Pendant que ses jeunes acteurs adolescents ont retrouvé les bancs du collège Françoise-Dolto dans un quartier populaire de Paris (XX e ), le réalisateur Laurent Cantet, à peine revenu de Hongkong et de Taïwan, est en tournée de promotion mondiale pour son film auréolé de la Palme. « Entre les murs » sortira le 19 décembre dans les principales villes américaines, sous le titre de « The Class », et voici son metteur en scène à Los Angeles, répondant aux questions de la presse hollywoodienne… on ne peut plus influente pour la saison des prix, des Golden Globes aux Oscars.
«Une forme d’universalité »
« Evidemment, cela me ferait très plaisir d’être nominé ( NDLR : dans la catégorie du meilleur film étranger, « Entre les murs » ayant été sélectionné par la France. « Indochine » de Régis Wargnier reste le dernier long-métrage tricolore à avoir remporté ce prix en 1993 ) . C’est une fierté que je ne bouderai pas, si cela arrive, dit le réalisateur. Mais honnêtement, c’est le public qui compte. Je partage désormais ce film avec lui », poursuit-il.
Laurent Cantet semble d’ailleurs toujours surpris par l’accueil réservé à son oeuvre, partout où il passe. « Les
gens s’approprient cette histoire, dit-il. Il semble qu’il y ait une forme d’universalité », les thèmes de la jeunesse, de l’éducation et de l’intégration touchant tous les continents. Aux Etats-Unis, « beaucoup des questions tournent autour de l’immigration », continue-t-il. « Mais surtout, le public réagit très positivement sur la multiculturalité de la France. »
Le dialogue avec le public américain est du reste stimulé par l’élection de Barack Obama à la présidence.
« Ce moment a été fortement vécu en France et les spectateurs américains semblent trouver un écho dans ce film », précise le cinéaste. Les premières critiques, notamment lors de la présentation d’« Entre les murs » au New York Film Festival et à l’American Film Institute Festival de Los Angeles cet automne, sont excellentes. « Fascinant », « subtil film entre la fiction et le documentaire », les remarques semblent valider les intentions du réalisateur. De bon augure pour glaner quelques prix supplémentaires ?
Le Parisien










