L’UN massacre les grosses berlines allemandes à 260 km/h quand l’autre roule en père peinard au volant d’une vieille R 16. L’un dézingue des tueurs psychopathes lancés à ses trousses pendant que l’autre pilote l’enquête en taquinant la dorade dans les calanques de Marseille. Le Britannique Jason Statham et le Français François Berléand sont un peu le yin et le yang de la série « le Transporteur », dont le troisième épisode caracole en tête du box-office depuis sa sortie en France mercredi.
Dans le rôle de Tarconi, le flic pépère à l’humour dévastateur, François Berléand se sent un peu « comme Columbo avec sa 403 ». Le plus cocasse, c’est que c’est pour faire plaisir à son cousin par alliance Louis Leterrier, réalisateur du premier de la série, qu’il a accepté le rôle il y a sept ans. « L’idée de jouer dans un film d’action m’amusait. Mais quand j’ai vu que c’était en anglais, une langue que je ne parlais pas, je lui ai dit : Ce sera à tes risques et périls .» Le succès international de ce premier long-métrage et le carton du suivant dans les pays anglo-saxons ont eu, sur la notoriété de Berléand, des conséquences inattendues. « Un jour, raconte-t-il, dans l’avion pour l’Afrique du Sud, le steward m’apostrophe : Je vous reconnais, vous êtes acteur. Je me dis, à par les Choristes, je ne vois pas comment il peut me connaître. Il me répond : Non, je vous ai vu dans le “Transporteur” ! Arrivé au Cap, dans un club de jazz, pareil. J’ai d’abord pensé que c’était une caméra cachée. (Rires.) Mais au cours d’un voyage en Inde, au Rajasthan, j’ai constaté que ce film était un vrai passeport international. Un truc génial. »
« L’entente avec Jason Statham a été immédiate »
Pour François Berléand, qui, à 56 ans, est aussi devenu la coqueluche des ados parisiens du lycée près de chez lui, ces moments de gloire ont un prix. Celui d’un travail d’apprentissage assez intensif. Quand Jason Statham est obligé de soulever de la fonte pendant plusieurs mois et de faire des pompes entre chaque prise pour faire saillir sa sculpturale musculature, François Berléand, lui, doit potasser dur son anglais. Au début, le comédien apprenait son rôle en phonétique avec une coach. Avec « le Transporteur 3 », il dit avoir énormément progressé dans la langue de Shakespeare. « Maintenant, je comprends mon texte, et je suis capable d’apporter des nuances plus subtiles à mon accent », précise-t-il. « Quant à l’entente avec Jason, elle a été immédiate. Entre deux séquences, on s’apprend les gros mots de nos pays respectifs. »
Devenu l’un des acteurs les plus demandés du cinéma français depuis « Mon idole » de Guillaume Canet et « les Choristes » de Christophe Barratier, Berléand apprécie à sa juste valeur le second rôle récurrent du thriller explosif. « Il me donne un sentiment d’énergie, de puissance. Quand j’ai revu le film, fallait pas m’emmerder », rigole-t-il. Après la castagne du « Transporteur », le futur papa quinquagénaire a retrouvé un univers plus calme. Il vient de terminer un long-métrage de Philippe Lefebvre avec Thierry Lhermitte et Virginie Efira, et prépare, pour septembre 2009, une pièce de théâtre avec Pierre Arditi et Sandrine Kiberlain. D’ici là, François Berléand va s’atteler à l’écriture d’un scénario d’après son best-seller autobiographique « le Fils de l’homme invisible ».
Le Parisien










