LA RENCONTRE se passe en deux fois. La première, assez violente, dans le studio du XIIe arrondissement de Paris où Sheryfa Luna, 20 ans, attaque, fin septembre, sa quatrième semaine d’enregistrement. Elle offre un accueil presque maussade avant de disparaître, contrariée par un coup de fil familial. Dix minutes plus tard, le téléphone vole contre une porte, se casse, et c’en est fini de notre projet d’interview.
On devine le ras-le-bol. Derrière elle : un an de pression extrême, agrémenté d’une grossesse et de presque 400 000 albums vendus. Devant : un nouveau marathon, avec l’envoi aujourd’hui aux radios de « Si tu n’étais plus là », premier extrait de son deuxième opus, annoncé pour le 1 e r décembre…
Enthousiasme retrouvé
Mais même si les coutures craquent, la gagnante de « Popstars », maman depuis sept mois, tient à son armure de petit soldat. Et lorsqu’on la revoit une semaine plus tard, sur les répétitions de la « Star Academy », le sourire immense est revenu. L’enthousiasme également, pour parler de ce nouveau bébé, musical celui-là, grâce auquel elle devrait à nouveau combler les fans de « variété urbaine »… On y trouve une incursion bien vue dans le dancehall (NDLR : mélange de rap et de reggae) pour « Qu’est-ce qu’on attend » et ce langage de rue auquel elle tient tant (« Je sais parfois j’abuse/Quand je fais ma relou » sur « Ce qu’ils aiment »). Toujours ces mêmes thèmes incontournables : les garçons, les racines algériennes et, bien sûr, la maternité… « C’aurait été honteux de ma part si je n’en avais pas parlé ! » Et puis sa « chanson bonus », où elle raconte la rupture d’anévrisme de son neveu de 9 ans. « C’est une thérapie. J’ai galéré pour l’écrire avec délicatesse. » Elle en a moins dans son titre consacré aux paparazzis (« pour les remercier de s’être immiscés dans ma vie ! »). Sheryfa Luna est comme ça. Dans « Aime-moi », dédié à son fils, elle chante : « Laisse-moi grandir avec toi ». Tout est dit.
Le Parisien








