REVENUS ! Pour les soldats de la 3 e compagnie du régiment de marche du Tchad, ce dimanche après-midi n’est pas un jour comme les autres. Ils reviennent au bercail, échangent des souvenirs, et, immanquablement, ils ont une pensée pour leur camarade Melam Baouma, tombé au combat le 18 août. Il est 14 h 30 quand l’avion qui les ramène de Kaboul se pose à Roissy.
Le temps du trajet et, à 17 heures, les bus entrent dans l’enceinte du régiment noyonnais. Le retour est sobre. Pas d’exclamations. Les uns allument une cigarette. D’autres retrouvent des amis restés à Noyon. Tous déposent leur paquetage dans une pièce prévue à cet effet. Puis ils gagnent « l’ordinaire », où les attend un pot d’accueil. « Enfin un vrai Coca ! » lâche un caporal-chef. « Je suis heureux de vous voir rentrer de ce séjour difficile », lâche le lieutenant-colonel Valli. Qui ajoute, réaliste : « En retournant chez vous, faites attention sur les routes. Pas question de vous crasher au retour d’une telle mission ! »
« Nos soldats sont prêts à retourner au combat dès que possible »
Dès le soir même, la plupart des soldats retournent chez eux. Ils y resteront dix jours, le temps de revenir à Noyon pour assister à la passation de commandement de leur chef de corps. Et avant de partir pour une longue permission d’un mois. L’adjoint du patron des lieux, quant à lui, en regardant partir ses hommes, poursuit son analyse : « Je les ai trouvés animés d’un solide esprit de solidarité, même si j’ai lu beaucoup d’émotion dans leurs regards. C’est vrai que nous rentrons de cette projection en Afghanistan avec un mort et quatre blessés.
Mais nos soldats sont prêts à retourner au combat dès que possible. » La mission n’est toutefois pas terminée à Kaboul. Ils sont encore 320 soldats noyonnais à y servir. D’ici à la fin du mois, ils seront tous rentrés.
Le Parisien








