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LES AGEUX-BRENOUILLE.

250 000 € de déficit pour le festival rock

L’affiche était belle mais les organisateurs ont peut-être vu trop gros. Le festival de rock a accumulé les déficits et pourrait ne pas s’en relever.

C.G. | 06.09.2008, 07h00
 

LES CHIFFRES sont parfois cruels. La programmation plutôt ambitieuse, l’organisation sans anicroche, le camping gratuit et l’envie de bien faire des bénévoles n’ont pas suffi. Le festival de la Ferme du rock risque de ne pas passer l’hiver. La deuxième édition du rendez-vous pop-rock, qui s’est déroulée les 22, 23 et 24 août entre Brenouille et Les Ageux, se solde en effet par un déficit évalué entre 250 000 € et 280 000 €.

Une somme relativement colossale pour la jeune association de passionnés à l’origine de la manifestation.

« C’est le bouche à oreille qui assoit un festival au fil des années »


La rencontre n’a enregistré que 2 300 spectateurs, au lieu des 9 000 escomptés pour atteindre (sans subvention) l’équilibre financier. « Oui, on prend le bouillon. C’est une déception, reconnaît José Cattiaux, vice-président de la Ferme du rock. Si on ramène le nombre d’entrées à la journée, on en fait moins que pour la première édition. Je suis vraiment très surpris. » Et pourtant le festival, qui proposait une quarantaine de concerts, réunissait des têtes d’affiches et des groupes reconnus, comme Hubert-Félix Thiefaine, Paul Personne, Kill the Young, Empyr, Subway ou Nada Surf. Le budget de la manifestation s’élevait à 350 000 € dont 150 000 € pour les cachets des artistes, 70 000 € pour les scènes et le matériel, 20 000 € pour la sécurité ou encore 11 000 € pour l’Etat qui a mobilisé des forces de l’ordre pendant trois jours.

Les bénévoles lient l’échec à plusieurs raisons. D’abord, la météo chagrine et les averses de pluie, qui ont nécessité pour l’anecdote d’étaler au sol 25 ballots de paille de 400 kilos chacun. Les passionnés de musiques actuelles ont sans doute aussi vu trop grand pour seulement une deuxième édition. « C’est la conclusion à laquelle on est arrivés. On a fait un pari et on l’a perdu, résume José Cattiaux. C’est le bouche à oreille qui assoit un festival au fil des années. »

Pour s’en sortir, les organisateurs vont échelonner les paiements et comptent aussi sur leurs prestataires et fournisseurs pour faire un effort. « C’est ça ou on liquide l’association. Le but est de ramener le déficit à un niveau acceptable pour nous », ajoute le vice-président de la Ferme du rock. Le festival attend toujours la réponse du conseil régional de Picardie et du conseil général de l’Oise qu’il a sollicité en début d’année, en leur demandant à chacun une subvention de 40 000 €. Quoi qu’il en soit, la question d’une troisième édition se pose clairement. « On voudrait redémarrer un cran ou deux en dessous », espère José Cattiaux.

Le Parisien

 
 
 

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