«NE touchez pas le patient… Choc en cours. » La voix enregistrée du défibrillateur qui égrène imperturbablement les consignes laisse alors place à une alarme sonore de plusieurs secondes. « Choc délivré. Pratiquez le massage cardiaque et la respiration artificielle. » Relié par deux électrodes à un mannequin, le boîtier vient d’envoyer une décharge et demande au secouriste improvisé de poursuivre manuellement les soins.
Cet appareil sera installé par le Stac dans son kiosque à billetterie, en gare de Creil, considéré comme le point névralgique des circuits de transports en commun. « Tout y converge, explique Jean-Pierre Evrard, le directeur du réseau. C’est un endroit où passent entre 12 000 et 15 000 personnes par jour, dont 8 000 en provenance de nos bus. C’est un site où l’on constate chaque année une douzaine de malaises qui nécessitent l’intervention du Samu. » La formation représente pour le Stac un coût de 300 € par personne, en comptabilisant le remplacement de chauffeurs, leurs huit heures de salaire et les frais pédagogiques. L’initiation est délivrée par l’association des Sauveteurs de l’Oise.
« C’est important de connaître les bons gestes »
« On n’interrompt jamais un massage et l’on va jusqu’à trente, de façon à permettre aux pompiers de savoir dans quel cycle vous êtes », explique un moniteur aux chauffeurs. Patricia, qui travaille depuis six ans pour le réseau de bus de l’agglomération est parmi les participants au stage. « C’est important de connaître les bons gestes, analyse-t-elle. Je ne me suis jamais trouvée en présence d’un malaise cardiaque. En revanche, j’ai eu une fois le cas d’une personne qui a fait une crise d’épilepsie. A part évacuer le bus pour lui donner un peu d’air et prévenir les secours, je ne savais pas quoi faire. »
Un autre conducteur est également attentif à la formation. « On peut se demander comment dans la panique, on va réagir dans une situation où la vie est en jeu », s’interroge-t-il, en faisant référence à un accident qu’il a eu comme chauffeur, en avril dernier, dans Creil. « J’ai percuté une passante avec mon bus. Je l’ai vue rebondir et j’ai cru que je l’avais tuée. Sur le moment, je n’ai pensé à rien. J’ai empêché les gens de déplacer la personne qui était inconsciente et j’ai passé un appel radio. C’est après que j’ai eu rétrospectivement peur. »
Le Parisien









