C’EST le déroulement d’une journée qui fait froid dans le dos qu’ont retracé les juges du tribunal de Compiègne, hier après-midi, lors de la comparution immédiate de Stéphane Neher. Il devait répondre d’homicide involontaire, conduite en état d’ivresse manifeste et délit de fuite.
Le récit d’une longue dérive alcoolique aussi, qui a conduit ce père de famille jusque-là sans histoire derrière la barre.
« J’ai honte et ce drame me hante »
« J’étais saoul et pas dans mon état normal, je ne les ai pas vus. Je m’étais disputé avec mon épouse à cause de l’alcool, justement. J’étais en colère, je n’aurais jamais dû prendre ma voiture. Je savais bien que j’avais heurté un scooter mais j’ai paniqué. J’ai honte et ce drame me hante », a reconnu ce dernier, qui a multiplié les excuses et éclaté en pleurs à la barre. Reste que le prévenu a eu beaucoup de mal à justifier pourquoi il a pris la fuite, rentrant chez lui après l’accident pour finalement se livrer aux gendarmes le dimanche matin seulement. « Un scooter, ça ne roule pas tout seul, monsieur, et vous vous êtes juste arrêté pour vérifier l’état de votre voiture ? » s’est indignée la présidente.
Un « égoïsme et un manque de courage » stigmatisés par Mathieu Renaudin, qui a réclamé quatre ans d’emprisonnement dont deux ans assortis du sursis. Des réquisitions suivies à la lettre par les juges malgré la plaidoirie de son avocate. « Quand l’alcool est là, il n’y a plus d’humanité, or cet homme est alcoolique », a tenté de justifier le conseil du prévenu. Demain, Fabien, le plus jeune des quatre fils de la famille Trousselle, fêtera son anniversaire. Sans Cédric, dont les obsèques auront lieu lundi à Pontoise-lès-Noyon.
Le Parisien












