L’AFFAIRE Jorge Montes, violeur présumé libéré par erreur en octobre avant d’être réincarcéré sur décision de la cour d’appel de Paris, résonne douloureusement dans l’Oise. M e Lardon-Galéote, ancienne bâtonnière du barreau de Senlis et vice-présidente d’une association d’aide aux victimes, l’Adavij, a suivi de près ce dossier.
« Poursuivi pour viol avec menace d’une arme d’une jeune étudiante de 21 ans, Raoul Becquerel était renvoyé devant la cour d’assises de la Gironde, le 9 septembre 2004, rappelle Catherine Lardon-Galéote. Mais l’affaire a dû être renvoyée, ce dernier étant absent. La juge d’instruction chargée du dossier avait oublié de prononcer une ordonnance de prise de corps… Ce qui avait provoqué la remise en liberté de Raoul Becquerel. »
« Ma cliente a attendu des excuses, un signe de compassion »
Deux mois après cette « libération par erreur », l’homme commettait un nouveau viol, sous la menace d’une arme, à Angoulême (Charente). Durant sa cavale, Raoul Becquerel fera deux autres victimes, du côté de Senlis.
Finalement interpellé en octobre 2004, le violeur récidiviste était condamné à perpétuité par la cour d’assises de l’Oise, le 21 mars dernier. « Jusqu’au dernier jour du procès, et le lendemain encore, ma cliente a attendu des excuses, un signe de compassion, un mot venant de l’institution judiciaire, explique M e Lardon-Galéote. Elle espérait un message qui lui aurait dit tout simplement que l’on était navré de ce dysfonctionnement qui avait permis qu’un criminel libéré par erreur ait pu définitivement briser sa vie. Mais rien… » Maintenant, la victime de Raoul Becquerel espère un geste de Rachida Dati. « Ma cliente ne réclame pas d’argent à l’Etat français, insiste la vice-présidente de l’Adavij. Elle demande seulement à pouvoir être écoutée. »
Le Parisien










