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ECONOMIE.

Les routiers embauchent malgré la crise

Les fermetures d’entreprises se multiplient dans le secteur du transport routier. Malgré ce contexte difficile, il reste des postes de chauffeur à pourvoir.

Frédéric Noury | 11.10.2008, 07h00
 

«L’EMBELLIE de ces dernières années est désormais bien terminée… » Comme nombre de ses collègues, Bertrand Caille, président de la Fédération des transporteurs routiers Picardie, a le blues alors que l’assemblée générale se déroulait hier à l’AFT-Iftim de Monchy-Saint-Eloi.

« Entre 2005 et 2007, notre activité a été très bonne, admet Bertrand Caille. Mais le premier semestre 2008 a été catastrophique, notamment avec l’envolée du gazole. Si le transport de légumes ou celui, saisonnier, de la betterave, tirent encore leur épingle du jeu, la messagerie, par exemple, est au plus mal. Les volumes transportés chutent car les entreprises stockent de moins en moins. » Conséquence : certaines sociétés mettent la clé sous la porte.

Aujourd’hui, on ne compte plus que 20 000 salariés dans 1 050 entreprise picardes liées au transport (marchandises, voyageurs, déménagement), puisque entre 2002 et 2008, 13 % d’entre elles ont disparu. « En personnel, on est revenu au niveau de 2005 », déplore Bertrand Caille. Pour ajouter au marasme ambiant, de nouvelles dispositions gouvernementales ont eu des incidences : « L’école de quatre jours a touché des entreprises qui avaient des contrats scolaires le samedi », rappelle William Noirtin, président de la branche voyageurs. Une vingtaine voici dix ans, les PME voyageurs ne sont plus qu’une demi-douzaine dans l’Oise, dominées par deux groupes, Veolia et Kéolis.

Le mécontentement est tel que la profession envisage pour la première fois de manifester mercredi 15 octobre, de 9 heures à 11 heures, à la gare routière de Beauvais.

Une image négative

Cependant, il demeure des raisons d’espérer. Car la profession embauche toujours. Pis : elle manque de bras ! Malgré les difficultés, 100 à 200 postes restent à pourvoir. Des sociétés ont des besoins pour se développer, remplacer des départs en retraite ou assurer des activités saisonnières. Mais comment attirer les jeunes ? « Nous souffrons d’une image négative », lâche William Noirtin. Chauffeur est un métier difficile, et tous n’acceptent pas de partir en déplacement. « Pourtant, confie Bertrand Caille, des formations dispensées par l’AFT-Iftim et soutenues par le département, la région et les Assedics, visent à amener les jeunes au permis poids lourd et les rendre opérationnels rapidement. »

Le Parisien

 
 
 

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