LE FEUILLETON du désamiantage de Jussieu, c’est un peu comme « les Feux de l’amour » : on se doute bien que ça finira un jour, mais on ne sait pas quand. Onze ans après le début des travaux, les deux tiers du campus (13 bâtiments sur 18, dont la tour centrale) ont été débarrassés de la substance cancérigène, ouvrant la voie à la phase de restauration.
Mais le chantier de ce bâtiment, situé du côté de l’Institut du monde arabe, rue des Fossés-Saint-Bernard, assuré par Bouygues, a lui aussi connu des ratés. Selon nos informations, les travaux ont dû être interrompus au printemps dernier après la découverte… d’amiante. Censés avoir été éradiqués quelques mois auparavant, des résidus de fibres ont été pourtant retrouvés après le démontage des façades. « L’entreprise de désamiantage ne pouvait pas les détecter : il fallait démonter les façades pour s’en apercevoir », assure Michel Zulberty, directeur général de l’EPA Jussieu, l’établissement public qui supervise les travaux.
Plus de 1 milliard d’euros
Cette présence rebelle serait liée aux techniques de pose de l’amiante en vigueur dans les années 1960. « Les fibres étaient pulvérisées à l’aide d’une sorte de canon. Pendant la manoeuvre, les ouvriers en mettaient partout. Ce n’est donc pas étonnant que l’amiante se soit niché dans certains recoins », poursuit M. Zulberty. La trouvaille a retardé le chantier de plusieurs semaines et gonflé une fois de plus la facture. « Il a fallu rappeler l’entreprise de désamiantage et dédommager Bouygues », ajoute M. Zulberty.
Si la découverte ultérieure d’amiante ailleurs dans le campus ne peut être exclue, le chantier de rénovation ouvert demain au public ne présente désormais aucun risque. Quant à la réouverture complète de l’université, elle n’est pas attendue avant 2014, pour une addition totale qui devrait dépasser le milliard d’euros.
* Adresse des sites et horaires d’ouverture sur www.ffbatiment.fr.
Le Parisien








