AVANT la réunion, ils râlaient. Pas trop fort car les bouquinistes, ces libraires installés sur les berges de la Seine avec leurs livres anciens et leurs boîtes vert bouteille, n’ont pas de syndicat et se définissent eux-mêmes comme « individualistes ». Mais hier midi, à l’issue de deux heures de réunion avec Lyne Cohen-Solal, l’adjointe de Bertrand Delanoë en charge du commerce, ces artisans du livre se sont déclarés satisfaits.
Car pour la première fois depuis 2001, les 217 bouquinistes parisiens étaient conviés à la mairie pour évoquer leur métier, leurs problèmes et leurs attentes. A l’appui de cette réunion, à laquelle environ 130 libraires se sont rendus : une étude menée sur eux entre janvier et avril 2008 par Hélène Tirole.
« La vente de bibelots est en train de prendre le pas sur les livres, résume cette passionnée qui a arpenté les dix quais de la Seine qui accueillent les casiers. Le but est d’éviter que ces marchands d’esprit ne deviennent des marchands de souvenirs. D’autant que ceux qui se sont spécialisés dans les livres anciens gagnent mieux leur vie. »
Du coup, plusieurs propositions ont été faites pour éviter que ces boîtes, répertoriées au Patrimoine mondial de l’Unesco, ne deviennent de vulgaires stands à tours Eiffel miniatures… « Nous leur avons proposé de les aider à se faire connaître grâce à Internet », détaille Lyne Cohen-Solal. Autres propositions : réaliser un guide des bouquinistes, créer un prix littéraire dédié, organiser des lectures publiques…
Bref, réanimer les quais. « Un fonctionnaire sera chargé de contrôler le respect du règlement, explique un bouquiniste, réjoui. Par exemple que toutes les boîtes sont ouvertes régulièrement. »
« Nous sommes des acteurs du tourisme : c’est bien qu’on nous aide à mieux vivre », estime un autre installé quai Malaquais. Un comité de travail, regroupant deux professionnels de chacun des dix quais, a été constitué pour réfléchir à l’application de ces propositions.
Le Parisien










