« JE veux être un maire à 100 % » ou « Je serai totalement maire de Paris. » Ces déclarations, Bertrand Delanoë les a multipliées lors de la campagne des élections municipales, il y a quelques mois, tout en laissant la porte entrouverte à d’autres responsabilités. Sans surprise, avant-hier, il a officialisé sa candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste.
« Un grand menteur »… Cinq mois après l’élection de Bertrand Delanoë, c’est la première fois que l’opposition a l’occasion d’attaquer de front l’édile. Et elle ne s’en prive pas. « C’est un grand menteur, fustige Claude Goasguen, le maire UMP du XVI e arrondissement. Delanoë s’était engagé à ne s’occuper que de Paris. Il a levé le masque et dupé les électeurs parisiens. » Françoise de Panafieu avait souligné, durant la campagne, l’ambition nationale du maire de Paris. « Les défis de la capitale le Grand Paris, le logement, l’emploi… sont tellement nombreux qu’on ne peut pas se disperser, estime l’ex-candidate UMP aux municipales. Le PS est dans un tel état que sa reconstruction est un travail à 100 %. Delanoë, c’est faites ce que je dis mais pas ce que je fais ! » Créditée de 9 % des votes au premier tour, Marielle de Sarnez aurait préféré que le maire de Paris se manifeste avant les municipales. « Cela aurait été plus clair, souffle l’ex-candidate du MoDem. Mais il ne sera pas élu. Il n’a pas la carrure d’un leader. »
… ou un « surhomme » ? Si le candidat préféré des Français et des sympathisants de gauche (sondage CSA/« le Parisien » du 24 août) devrait réaliser son meilleur score au sein de la fédération de Paris les militants socialistes élisant leur premier secrétaire , il ne fait pas pour autant l’unanimité parmi les élus socialistes parisiens. Adjoint au maire chargé de la jeunesse, Bruno Julliard « regrette que le débat de personnes supplante le débat d’idées ». « Et je suis surpris de la fermeture vis-à-vis de certains courants du PS et de la ligne libérale de Bertrand Delanoë », indique l’ancien leader du CPE.
Sous couvert d’anonymat, d’autres langues se délient. Et les batailles de courants au niveau national se répercutent au niveau local. « Delanoë croit pouvoir faire deux temps pleins, c’est un surhomme, ironise un conseiller de Paris. Mais ce n’est pas sûr qu’il gagne, même à Paris… » « Son objectif final, conclut, pour sa part le Vert Denis Baupin, c’est d’être président de la République. »
Le Parisien








