« C’EST historique », assure le directeur. Pour la première fois depuis sa création en 1848, l’école privée du Sacré-Coeur (XVII e ) a participé à la grève hier contre les réformes de l’Education nationale, très suivie dans la capitale (lire encadré).
Raison principale de ce mouvement inédit dans l’établissement catholique du quartier de la Fourche : la suppression des postes de Rased (réseau d’aide et de soutien aux élèves en difficulté), qui accompagnent les enfants en grande détresse scolaire et psychologique.
Sur les 22 instituteurs du Sacré-Coeur, la moitié a donc débrayé pour rejoindre la manifestation nationale. Les autres (sauf un) soutenaient la mobilisation, mais ils ont tenu à accueillir les élèves. Ils ont donc pratiqué la grève « à la japonaise », en étant présents mais en portant des brassards. « Ce n’est pas dans la culture de l’enseignement privé d’arrêter complètement le travail », estime le directeur.
Les parents avaient été prévenus à l’avance et la moitié des 580 élèves (maternelles et primaires) sont restés chez eux. Pour les autres, « on a mis en place le service minimum (NDLR : qui ne s’applique pas aux écoles privées) à notre façon, raconte une maîtresse de CP, qui office au Sacré-Coeur depuis dix-huit ans. J’ai pris dans ma classe trois élèves dont l’instituteur n’était pas là. Et les surveillants de cantine sont restés en renfort. Au final, cela s’est bien passé. »
Une participation record
Le Sacré-Coeur n’est pas la seule école privée parisienne gréviste. D’après la Fédération de l’enseignement privé (FEP) CFDT (30 % des personnels), qui avait appelé à la mobilisation, 35 établissements du premier et du second degrés ont fait grève à différentes échelles sur une centaine dans la capitale. 120 enseignants ont cessé le travail. « C’est une mobilisation exceptionnelle. Dans le cortège, j’ai même vu des collègues portant des inscriptions En grève pour la première fois sur le dos, raconte Catherine Julien, secrétaire de la FEP-CFDT Ile-de-France. Entre les coupes budgétaires, les réformes mal préparées et l’impression qu’on rejette la faute sur eux, les enseignants doutent pour leur avenir. »
Le Parisien










