CENT VINGT-CINQ rues et places illuminées, 150 km de voies décorées, 180 km de guirlandes déployées… Cette année encore, la Ville Lumière a déployé les grands moyens pour être à la hauteur de son surnom. En tout, quelque 5,8 M€ ont été dépensés pour parer la capitale de milliers de petites ampoules étincelantes.
Mode d’emploi. Ce sont les associations de commerçants qui décident d’illuminer une rue ou un quartier. Cette année, elles sont une petite centaine à avoir pris cette initiative, représentant 5 000 adhérents. L’association choisit ensuite un professionnel qui va se charger de l’installation. A Paris, une vingtaine de sociétés se partagent le marché. Une fois la facture reçue, les commerçants peuvent obtenir une aide de la mairie à hauteur de 30 % des dépenses. La subvention correspondante est versée trois mois plus tard.
Qui paie ? Sur les 5,8 M€ de frais d’installation dépensés cette année, 2,8 M€ ont été réglés par les associations de commerçants, via les cotisations des adhérents. Les subventions de la Ville représentent 1,3 M€. Le reste est financé par l’apport de partenaires publics (chambre de commerce et d’industrie, comité régional du tourisme Paris Ile-de-France…) et privés. Quant aux factures d’électricité, elles restent à la charge des commerçants du secteur décoré.
Qui encaisse ? Une vingtaine de sociétés se disputent le gâteau des illuminations de Noël. La plupart sont des entreprises indépendantes, d’autres sont des filiales de grands groupes du bâtiment et des travaux publics, comme Bornhauser (Eiffage) ou Sotraser (Veolia Environnement). Les prix varient selon le niveau de prestation et la surface à embellir : les tarifs démarrent à 6 000 € pour quelques ampoules dans une petite rue, et grimpent à 1,2 M€ pour les Champs-Elysées.
Et la Ville ? Les subventions destinées aux illuminations représentent un budget de 1,3 M€ . « Ce n’est pas une dépense très utile, surtout en temps de crise, peste Yves Contassot, conseiller (Verts) de la capitale. Pour le même prix, on aurait pu construire un équipement culturel de proximité par exemple. » « Ce n’est pas une dépense directe mais un soutien aux commerçants, se défend Lyne Cohen-Solal, adjointe (PS) au maire en charge du commerce. Et puis en ces temps de crise, on a justement besoin de lumière et de gaieté, non ? »
Le Parisien










