UN FAUX plombier qui emporte une bague de valeur, un pseudo-électricien qui repart avec les économies cachées au fond de l’armoire… Les vols par ruse connaissent traditionnellement une hausse significative à la période des fêtes, liée aux arnaques aux étrennes. Même si les actions menées par la préfecture de police de Paris ont permis de freiner sensiblement l’augmentation de ces délits, 607 vols de ce type ont été recensés au cours des dix premiers mois de l’année, contre 610 en 2007 sur la même période.
Cibles privilégiées des « rusiers », comme les nomment les policiers : les personnes très âgées, le plus souvent au-delà de 80 ans, vivant dans des quartiers résidentiels. Les VII e , XV e et XVI e arrondissements, notamment.
Ils s’en prennent aux personnes vulnérables
« Ce sont en général des personnes isolées, très vulnérables », note un policier chargé de la prévention au commissariat du XVII e arrondissement, qui tenait hier un stand d’information à l’intention des seniors au marché des Batignolles.
« Les scénarios sont extrêmement variés, souligne le commissaire Yves Crespin, patron de la 3 e division de police judiciaire (3 e DPJ), qui possède un groupe spécialisé dans ce type d’affaires. Un faux plombier, invoquant une fuite d’eau, demandera par exemple à la personne âgée de tenir une bassine sous l’évier pendant que lui-même va vérifier l’état des sanitaires. Au passage, il en profitera pour rafler les objets de valeur. Lorsqu’ils agissent en duo, un premier homme s’introduit sous un prétexte fallacieux dans l’appartement, dérobe discrètement un objet et s’éclipse… Quelques minutes plus tard, un faux policier vient restituer à la victime ce qui a été dérobé et en profite pour faire main basse sur les économies. »
Pour les traquer, les enquêteurs se livrent à un méticuleux travail de recoupements : comparaison des modes opératoires, des descriptions physiques données par les victimes, du type d’objets dérobés. Une méthode qui a permis d’interpeller un grand nombre de « rusiers » : 527 personnes cette année, contre 304 l’an dernier.
Le 15 octobre, la brigade anticriminalité (BAC) du XVI e arrondissement a interpellé en flagrant délit « le peintre solitaire ». L’homme, habillé d’une blouse blanche et d’une casquette tachée, proposait ses services en faisant du porte-à-porte… et repartait avec des objets de valeur. La 3 e DPJ, qui le recherchait depuis deux ans, est parvenue à lui attribuer 22 vols, tous identiques.
Le Parisien











