Le verdict médical est sans appel : Eric* est porteur de la leptospirose. Ce jeune agent de quai de 31 ans, employé depuis huit ans à la gare Saint-Lazare, a découvert lundi sa maladie, qu’il attribue à la présence des centaines de rats qui pullulent depuis des mois sur les quais et les voies, chassés des sous-sols par le chantier de rénovation.
La direction se veut rassurante
La direction, elle, se veut rassurante. Tout en reconnaissant l’affection dont souffre Eric, elle se refuse à établir formellement le lien avec la présence des rongeurs sur les quais : « Nous avons immédiatement prévenu le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de ce cas et le médecin de la SNCF région Saint-Lazare a tout de suite rédigé un texte à l’intention des salariés, leur rappelant toutes les mesures d’hygiène à prendre. Se laver fréquemment les mains, notamment. » Seulement voilà : depuis le mois de septembre, les rats sont partout. Notamment aux abords des poubelles, que les agents de nettoyage changent à mains nues, et des distributeurs de nourriture, derrière lesquels ils se cachent.
« Il y a un danger évident à manipuler ce qui a pu être en contact avec l’urine de rat, souligne Imade Ounissi, responsable d’Euroclean, une société de dératisation qui intervient à Saint-Lazare. Lors de nos interventions, nous portons toujours des gants ainsi qu’une combinaison et un masque, notamment contre la leptospirose et même… la peste. » La SNCF, qui vient de terminer une campagne intensive d’extermination des rats, affirme s’être débarrassée d’une partie des rongeurs. « Mais la nuit, ils sont toujours là en nombre ! soutient un agent d’entretien de la gare. Et nous ne nous sentons pas protégés… »
* Le prénom a été modifié.
Le Parisien











