DEMAIN, alors que 65 % des instituteurs parisiens ont prévu de faire grève, les parents sont priés de garder leurs enfants chez eux… L’invitation n’émane pas de la mairie de Paris, mais elle pourrait. Car, après avoir testé le service minimum d’accueil (SMA) des écoliers en octobre dernier, Bertrand Delanoë a estimé hier être dans « l’impossibilité » désormais d’appliquer la loi.
Tant pis si la Ville de Paris, que le tribunal administratif a enjointe, le 22 octobre dernier, de se mettre en règle, doit payer des sanctions financières. Car elle explique que ses motivations ne sont pas idéologiques mais s’appuient sur des chiffres.
Demain, dans 549 écoles (soit 83 %), plus de 25 % des enseignants seront absents et, parmi celles-là, 208 compteront 100 % de grévistes. « En outre, les directeurs de 330 écoles seront en grève, rendant impossible l’accès aux cahiers d’appel et aux fiches personnelles des élèves », ajoute la mairie.
Il faudrait donc, calcule la Ville, pour accueillir les 87 300 enfants sans enseignants, mobiliser plus de 6 000 animateurs. « Impossible en quarante-huit heures, tranche la mairie. D’autant que trois organisations syndicales représentant les animateurs municipaux susceptibles d’être mobilisés ont, eux aussi, déposé des préavis de grève pour cette même journée. »
Approuvé par le Syndicat des enseignants majoritaire dans le premier degré, le Snuipp, et la Fédération des parents d’élèves, FCPE (classée à gauche), cette décision municipale ne fait toutefois pas l’unanimité.
« En invoquant ces chiffres, Delanoë s’invente une excuse pour ne pas appliquer la loi », accuse Corrine Tapiero, la présidente de la Peep, autre fédération de parents d’élèves classée plus à droite, qui estime que le maire pourrait faire appel à des volontaires pour accueillir les élèves. « Pas besoin d’avoir bac + 5 pour être père ou mère », conclut-elle.
Menés par Jean-François Lamour, le président du groupe UMP au Conseil de Paris, les 8 maires d’arrondissement de droite de la capitale continuent, eux, à réclamer que l’organisation du SMA leur soit confiée. Et estiment que « Bertrand Delanoë s’enfonce encore davantage dans l’illégalité et le déni de justice, faisant preuve du plus total mépris à l’égard des familles parisiennes. »
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Le Parisien










