HIER, un jeune de 15 ans du collège Condorcet a été placé en garde à vue dans les locaux du commissariat de Pontault-Combault. Le matin même, l’adolescent avait lancé dans la cour, alors qu’il se trouvait à l’extérieur de l’établissement, une bouteille contenant de l’acide en direction d’un groupe de six élèves.
Heureusement, ils n’ont pas été brûlés. Les vêtements de cinq d’entre eux, âgés de 13 à 15 ans, ont été endommagés à cause des projections. La sixième victime a par contre eu une chance inouïe de ne pas être blessée. Elle a reçu de l’acide au niveau des yeux mais ses lunettes l’ont protégée. Les pompiers sont intervenus sur place.
« Les jeunes ne se contentent pas de regarder Internet, ils fabriquent eux-mêmes les bombinettes »
Le jeune de 15 ans a été arrêté peu de temps après son geste par les policiers. Au cours de son audition hier soir, il a expliqué « qu’il ne voulait blesser personne et ne s’attendait pas aux effets produits ».
Effectivement, le lancement de la bouteille a produit un gros nuage et une détonation. Par mesure de précaution, la cour de l’établissement a été aussitôt évacuée. Pressé de questions par les enquêteurs, l’adolescent a précisé que ce sont des copains à lui qui ont trouvé la formule de l’acide sur Internet. A son tour, il a voulu jouer les apprentis chimistes. Une invention qui provoque le courroux de Jacques Marchal, l’inspecteur d’académie, qui dénonce catégoriquement ces actes. « C’est intolérable. Ce qui l’est encore plus, c’est qu’au niveau des comportements, les jeunes ne se contentent pas de regarder Internet, ils fabriquent eux-mêmes les bombi- nettes. »
Il ajoute : « Ce qui est frappant aussi, c’est la disproportion entre l’intention et les conséquences possibles. L’adolescent se pense invulnérable. L’enchaînement de causalité dramatique n’est pas perçu. » Si les victimes sont choquées, l’inspecteur d’académie envisage de mettre en place dès lundi une cellule éducation avec les médecins scolaires ou « si elles restent traumatisées, une cellule médico-psychologique les accueillera ».
En attendant, une plainte a été déposée dès hier soir par le principal du collège, sans parler des conséquences disciplinaires pour l’adolescent incriminé. Les parents des six victimes pourraient également porter plainte.
En juin dernier, quatre jeunes du collège Christine-de-Pisan de Perthes-en-Gâtinais avaient fabriqué et fait exploser une bombe artisanale en mettant de l’acide chlorhydrique et des morceaux d’alumi- nium dans une bouteille. Ils avaient été mis en examen pour fabrication d’engins explosifs et violences volontaires en réunion. Cinq jeunes avaient été intoxiqués.
Le Parisien










