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24 heures à l’Elysée, QG de crise

Nathalie Schuck | 11.10.2008, 07h00
 

DEPUIS le début de la crise financière, l’Elysée s’est mis à l’heure des Bourses pour tenter d’éviter la catastrophe. Récit d’une journée type dans un palais transformé en QG de crise.

Dès le matin, le téléphone chauffe. Dans l’hôtel particulier que Nicolas Sarkozy occupe avec Carla dans le XVI e arrondissement de Paris, le réveil a sonné tôt cette semaine, entre 4 h 30 et 7 heures.

Direction : l’Elysée. La réunion que le président tient habituellement à 8 h 30 au salon Vert avec sa douzaine de conseillers démarre bien souvent en retard ces temps-ci. En raison du décalage horaire, Sarkozy commence en effet ses journées par de longs entretiens (parfois tendus) avec ses homologues étrangers, assisté par son conseiller diplomatique, Jean-David Levitte. Au téléphone : George W. Bush, Angela Merkel, Silvio Berlusconi ou Gordon Brown, qui l’a appelé à 7 h 30 mercredi pour l’avertir de son plan de sauvetage des banques britanniques.

Réunionnite aiguë. Hier, à peine raccroché, le président poursuit à 10 heures par une réunion avec son petit groupe de sept ministres proches. Objectif : escamoter au plus vite la proposition Accoyer (notre encadré) : « Moi vivant, il n’y aura jamais d’amnistie fiscale ! Est-ce que ce serait juste ? Non ! » tonne Sarkozy, qui écarte l’idée d’un emprunt national. « L’Etat n’a pas besoin de liquidités. Si on fait ça, on va vider les Sicav. » Devant ses ministres, il enterre les rumeurs de remaniement (notamment à Bercy) qui fragilisent le gouvernement. « Il n’en est pas question ! tape-t-il du poing sur la table. Il est inacceptable de déstabiliser cette pauvre Christine (NDLR : Lagarde). »  C’est lui, dit-on, qui aurait pourtant proposé son poste à… Jean-Pierre Raffarin.  A 11 heures, il convoque ses conseillers pour caler son agenda. Les traits tirés, il leur demande d’annuler toutes les réunions non urgentes. « Il veut qu’on lui laisse du temps pour réfléchir », explique un membre du cabinet.

Cellule de veille. Toutes les deux ou trois heures, le président fait le point sur les marchés avec la cellule économique de François Pérol (quatre personnes), qui lui présente l’évolution d’indices clés comme Dexia, Fortis ou les Caisses d’épargne. Malgré la nouvelle dégringolade du CAC 40, l’Elysée veut croire que la situation est sous contrôle. « Les Français prennent ça avec un certain recul », se rassure l’entourage du président, qui a même cru voir le bout du tunnel cette semaine : « A deux ou trois reprises, on a pensé que la crise était finie ! » La journée achevée, Sarkozy rentre chez lui. Mais la lumière ne s’éteint jamais au palais : ses collaborateurs assurent la permanence à tour de rôle. Ce week-end, pas de repos ! Aujourd’hui, Sarkozy évoquera la crise avec Merkel à Colombey-les-Deux-Eglises, avant de réunir demain ses partenaires de l’Eurogroupe en vue du Conseil européen du milieu de semaine.

Le Parisien

 
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