Ancienne membre des Brigades rouges, condamnée en Italie pour complicité d'assassinat d'un comissaire en 1981, Marina Petrella a refait sa vie en France où elle vivait depuis 1993 à visage découvert, selon ses proches. Elle a été arrêté en août 2007 à Argenteuil (Val-d'Oise), où elle résidait et travaillait en tant qu'assistante sociale.
Cette femme, qui a eu 54 ans le 23 août, offre un regard déterminé sur les photos illustrant les sites Internet de ses comités de soutien et brandies lors des rassemblements hebdomadaires organisés à Paris, place Beaubourg. Mais depuis son arrestation, son état physique et mental n'a cessé de se détériorer. «En abandon de vie», selon les médecins, refusant de s'alimenter, Marina Petrella avait écrit il y a quelques mois des lettres d'adieu à son mari, Hamed Merakchi, rencontré en France, et à ses deux filles, Elisa, née il y a vingt-cinq ans en prison en Italie, et Emma, qui aura 11 ans à la fin de l'année.
«Ils n'emporteront que mon cadavre»
«Ils n'emporteront que mon cadavre», avait-elle confié à son compagnon lors d'une visite il y a quelques semaines à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne, où elle se trouve depuis le 23 juillet. Libérée sous contrôle judiciaire début août pour raisons de santé, Marina Petrella vit «avec la peur d'être extradée», selon son compagnon, qui ne l'a plus vue depuis le 7 août. «Les médecins nous déconseillaient de venir la voir car elle était trop effondrée après les visites», a-t-il confié.
L'ancienne membre des Brigades rouges est toujours nourrie par perfusion pour assurer une alimentation minimum et les médecins demeurent réservés sur son rétablissement, qui sera long, a souligné son avocate, Irène Terrel.
Désormais, «ma mère pourra continuer d'être parmi nous et prendre conscience que l'épée de Damoclès (de l'extradition, ndlr) n'est plus au-dessus d'elle», a assuré sa fille aînée Elisa. La petite Emma «va enfin pouvoir fêter son anniversaire et Noël avec sa maman», s'est réjoui le compagnon de l'ex-brigadiste. «A Noël dernier (en 2007, ndlr), la petite était partie se coucher à 21 heures en pleurant.»
«Doctrine Mitterrand»
Marina Petrella est réfugiée en France au nom de la «doctrine Mitterrand» accordant l'asile aux anciens terroristes italiens d'extrême gauche en échange de l'arrêt des violences. «Elle vivait à visage découvert», assure Stéphanie Lacroix, une amie qui travaillait à ses côtés.
Elle est arrivée en 1993, fuyant l'Italie où elle avait été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité dans l'assassinat d'un commissaire de police, à Rome en 1981, ainsi que pour séquestration d'un magistrat, vol avec arme et attentats.
Cette vie d'avant, durant «les années de plomb» au sein de la «colonne romaine» des Brigades rouges, Marina l'évoquait peu. «Elle parlait de l'Italie, des mouvements d'extrême gauche sans jamais dire ce qu'elle avait pu faire», se souvient Stéphanie Lacroix. L'ancienne membre des BR a travaillé comme assistante sociale dans le Val d'Oise, où elle s'occupait de trouver un logement à des familles en difficulté. A cette occasion, elle a rencontré Stéphanie Lacroix, qui l'a engagée en 2006 au sein de l'association Loca'Rythm, une agence immobilière à vocation sociale.
«Je l'ai embauchée sous son identité, à son adresse, avec un extrait de casier judiciaire vierge, comme l'exige la loi», affirme-t-elle en louant «les compétences et l'investissement professionnel» de Marina Petrella, qui a obtenu en 2007 un DEASS (diplôme d'Etat d'assistant de service social).
Leparisien.fr avec AFP











