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PARTI SOCIALISTE.

Et si le PS reportait son congrès ?

En pleine crise financière, Malek Boutih jette un pavé dans la mare. Le secrétaire national du PS demande la suspension du processus qui doit conduire les socialistes à Reims en novembre.

Propos recueillis par Eric Hacquemand - Rosalie Lucas | 12.10.2008, 07h00
 

ET SI le congrès de Reims était reporté après la crise financière ? Au Parti socialiste, certains commencent à s’inquiéter du décalage entre les débats internes pour la succession à François Hollande et la situation mondiale. L’idée pourrait être de mettre en place, jusqu’à l’issue de la crise, un collectif de direction à la tête du PS.

Dans notre journal, Malek Boutih, secrétaire national du PS, demande haut et fort « la suspension du congrès ». Un de ses proches, Julien Dray, député de l’Essonne et signataire de la motion de Ségolène Royal, semble sur la même longueur d’ondes. D’autres, dans le camp de l’ex-candidate socialiste à la présidentielle, s’interrogent également tout en trouvant « embêtant d’interrompre un processus démocratique ». Sur son blog, Pierre Moscovici, qui a rejoint la motion de Bertrand Delanoë, signale que « la crise questionne sur la pertinence de ce congrès ». Mais le député du Doubs dit ne « pas être convaincu par l’idée du report » estimant que « la clarification, sauf événement extraordinaire, doit avoir lieu » au sein du PS. Martine Aubry (voir page 11) estime aussi que cette idée serait « une erreur ». Le débat commence.

Quelle incidence la crise actuelle a-t-elle sur le PS ?

Malek Boutih. Le monde est en plein bouleversement et le congrès suit clopin-clopant sa petite route comme si de rien n’était. Toutes les motions ont été écrites avant la crise et toutes sont à côté de la plaque. Les événements ont pris le dessus. On assiste au scénario catastrophe et, nous, on resterait dans notre bocal à se demander qui en serait le chef ?

Quelle solution préconisez-vous ?

La question se pose de suspendre la préparation de ce congrès, de le repousser jusqu’à ce que la situation soit plus claire. Franchement, comparé à la gravité du moment, se plaindre qu’avec un budget de 17 000 € c’est difficile de défendre sa motion dans les fédérations relève de l’inconscience. Le premier parti d’opposition ne peut rester enfermé dans son nombrilisme. François Hollande pourrait mettre la suspension du congrès à l’ordre du jour du prochain bureau national du PS et solliciter chacun des premiers signataires des motions.

Mais Ségolène Royal, que vous soutenez, a déjà dit que la préparation du congrès était trop longue…

Les faits lui ont donné raison. Le congrès a démarré au printemps dernier mais, entre-temps, la donne a changé.

Sa motion répond-elle aux enjeux actuels ?

Ni la sienne, ni celles d’Aubry, de Delanoë ou d’Hamon ne sont à la hauteur. Chacun a des petits bouts de solution mais ça ne suffit pas. Chaque leader est-il prêt à mettre de côté ses ambitions personnelles pour se mettre au service du collectif et de l’intérêt du pays ? Moi-même, je crois aux idées de ma motion, mais j’ai à coeur de défendre tout le PS.

Le Parisien

 
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