ET SI le congrès de Reims était reporté après la crise financière ? Au Parti socialiste, certains commencent à s’inquiéter du décalage entre les débats internes pour la succession à François Hollande et la situation mondiale. L’idée pourrait être de mettre en place, jusqu’à l’issue de la crise, un collectif de direction à la tête du PS.
Quelle incidence la crise actuelle a-t-elle sur le PS ?
Malek Boutih. Le monde est en plein bouleversement et le congrès suit clopin-clopant sa petite route comme si de rien n’était. Toutes les motions ont été écrites avant la crise et toutes sont à côté de la plaque. Les événements ont pris le dessus. On assiste au scénario catastrophe et, nous, on resterait dans notre bocal à se demander qui en serait le chef ?
Quelle solution préconisez-vous ?
La question se pose de suspendre la préparation de ce congrès, de le repousser jusqu’à ce que la situation soit plus claire. Franchement, comparé à la gravité du moment, se plaindre qu’avec un budget de 17 000 € c’est difficile de défendre sa motion dans les fédérations relève de l’inconscience. Le premier parti d’opposition ne peut rester enfermé dans son nombrilisme. François Hollande pourrait mettre la suspension du congrès à l’ordre du jour du prochain bureau national du PS et solliciter chacun des premiers signataires des motions.
Mais Ségolène Royal, que vous soutenez, a déjà dit que la préparation du congrès était trop longue…
Les faits lui ont donné raison. Le congrès a démarré au printemps dernier mais, entre-temps, la donne a changé.
Sa motion répond-elle aux enjeux actuels ?
Ni la sienne, ni celles d’Aubry, de Delanoë ou d’Hamon ne sont à la hauteur. Chacun a des petits bouts de solution mais ça ne suffit pas. Chaque leader est-il prêt à mettre de côté ses ambitions personnelles pour se mettre au service du collectif et de l’intérêt du pays ? Moi-même, je crois aux idées de ma motion, mais j’ai à coeur de défendre tout le PS.
Le Parisien












