Selon le journal Les Echos, le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, propose le lancement d'«un grand emprunt d'Etat». Pour doper l'économie et sortir de la crise, il suggère, à titre personnel, une amnistie fiscale pour inciter les gros contribuables qui ont expatrié leurs capitaux à réinvestir en France à condition.
«Le gouvernement français a réagi intelligemment en recherchant des réponses aux niveaux européen et mondial face à la crise bancaire, a assuré Bernard Accoyer. Quand les propositions françaises n'ont pas fait l'unanimité tout de suite, les autres Etats s'y sont, dans un second temps, très souvent ralliés. Cela dit, je crois que l'ampleur de la crise, sans précédent depuis celle de 1929, exige des attitudes et des décisions exceptionnelles. Je rêve d'une union nationale, mais, comme il ne faut pas rêver, soyons concrets et pragmatiques : pourquoi ne pas réfléchir au lancement d'un grand emprunt d'Etat, pour être en mesure de donner au secteur bancaire les moyens de financer notre économie ? Pourquoi ne pas réfléchir aussi à une amnistie fiscale pour nos compatriotes qui accepteraient de rapatrier leurs capitaux, sous condition bien sûr de souscrire à cet emprunt d'Etat ?»
Invité de RTL, Bernard Accoyer précise sa pensée : «Il s'agit de susciter un élan national, assène le président de l'Assemblée nationale qui n'a pas parlé de ce projet à Nicolas Sarkozy. Il faut aussi de répondre à la rareté du crédit et d'aller encore plus loin que ce qui a été entrepris par le gouvernement. Il faut débattre de toutes les idées pendant les périodes de crise».
Egalement sur RTL vendredi matin, le haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch s'est insurgé contre cette idée. «Entre le revenu de solidarité active (ndlr : RSA) et une éventuelle amnistie fiscale, on n'envoie pas du tout le même signal, souligne Martin Hirsch dont le projet -phare, le RSA, a été adopté hier à l'Assemblée nationale. Pourquoi aider ceux qui ont quitté le navire?».
Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a jugé vendredi que la proposition d'une «amnistie fiscale» pour les capitaux rapatriés en France, avancée par le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, n'était «pas vraiment d'actualité» dans le contexte de crise actuelle.
Les Verts, par la voix de leur porte-parole Anne Souyris, se sont déclarés vendredi «outrés» par la proposition, jugeant «indécent» de «favoriser» les «riches hors-la-loi».
Leparisien.fr avec AFP













