AFFICHER sa différence et vanter l’unité. Une semaine après l’université du PS à La Rochelle, son soleil et ses divisions, l’UMP a ouvert la sienne, rebaptisée campus, hier sur le stade d’honneur de Royan , sous la pluie . « L’université appartient aux professeurs alors que le campus appartient aux étudiants, c’est un changement d’esprit », clame Patrick Devedjian, secrétaire général du parti.
Sur le fond, peu de changements. La quasi-totalité du gouvernement va défiler au cours du week-end (François Fillon viendra clore les travaux demain). Les tables rondes habituelles avec les ministres ont été remplacées par 22 chats thématiques d’une quinzaine de minutes pour dynamiser l’exercice et remplacer la succession de discours à la tribune. Le tout se déroulera dans un cybercafé géant installé sous un chapiteau blanc dressé sur la pelouse du stade. Une touche moderne voulue par les organisateurs, qui n’avaient pas prévu qu’il faudrait peut-être patauger pour y accéder. « En Atlantique, il fait beau plusieurs fois par jour, alors attendons l’éclaircie, sourit Jean-Pierre Raffarin, qui martèle : l’UMP est un parti rassemblé derrière le président de la République. »
Devedjian conforté à la tête du parti
Il ne pleut plus à 18 h 30 quand arrive Devedjian, en chemise, pull beige négligemment jeté sur les épaules. Lui et les secrétaires généraux adjoints, Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet et Christian Estrosi sont acclamés. Nadine Morano se taille aussi un franc succès avec un fan-club qui porte des tee-shirts noirs dont le slogan détourne celui d’une marque de café, (Morano, What else ?) . Pour chauffer l’ambiance, la sono diffuse le tube Relax de Mika. Raffarin a raté l’ouverture du campus. Il est parti retrouver Rachida Dati et des militants locaux au palais des congrès, à quelques centaines de mètres de là. Derrière l’unité de façade, les rivalités sont toujours vivaces en coulisse et les appétits restent féroces. Même si Nicolas Sarkozy a prié les dirigeants de mettre leurs ambitions en sourdine. « Il n’y aura pas de remaniement de la direction de l’UMP dans les temps prochains », a déclaré Devedjian à son retour de Syrie, où il accompagnait le chef de l’Etat. Ce dernier a donc (provisoirement) conforté le secrétaire général du parti dans ses fonctions, montrant au passage qu’il reste plus que jamais le patron de l’UMP. « Contrairement aux socialistes, on ne s’étripe pas pour savoir qui est le chef », sourit Kosciusko-Morizet.
Ce week-end on verra à Royan les Jeunes populaires interpeller des ministres. « On va les mettre sur le grill », promet leur nouveau président, Benjamin Lancar. Mais quinze mois après l’arrivée à l’Elysée de Sarkozy, la rentrée est morose pour l’UMP, passée de 370 000 adhérents en 2007 à 225 000 aujourd’hui. « Ce qui intéresse d’abord les militants de base, c’est le pouvoir d’achat, soupire un responsable de fédération. Aujourd’hui, beaucoup sont un peu déboussolés et le renouvellement des cartes n’est pas évident. »
Le Parisien











