«JE NE SUIS pas tendu mais concentré. » Pour un peu, Bertrand Delanoë d’ordinaire sobre irait jusqu’à déboucher une bonne bouteille de vin rouge… Hier, à Bergerac (Dordogne), le maire de Paris est apparu particulièrement tranquille lors de son premier déplacement de candidat officiel à la tête du PS. Alors que la traditionnelle université d’été du PS à La Rochelle démarre demain, l’ex-sénateur a décidé d’entrer de plain-pied dans la bataille interne tandis que la course aux alliés s’accélère.
Quelques poignées de main à la foire de Bergerac, une trentaine de signatures dans une librairie du centre-ville, le maire de Paris a beau rappeler qu’en étant scout il a descendu la Dordogne « dans un radeau de fortune », il a du mal à se défaire de cette étiquette « parisienne et urbaine » qui lui colle à la peau. Présente pour l’accueillir, la députée européenne Béatrice Patrie, proche de Ségolène Royal, ne décolère pas contre « la vision carte postale » de sa région : « Il n’y a plus qu’à servir le foie gras avec un petit tablier blanc et une plume dans le derrière ! » En début de soirée, Delanoë est par contre chaleureusement accueilli par 500 militants venus du Périgord et du Limousin. Surtout lorsque le maire de Paris joue sur la corde socialiste de la salle.
Oublié l’expression « socialiste et libéral ». Delanoë n’est plus que « socialiste ». Et, lance-t-il, « je ne veux pas que l’on change notre nom ». L’effet est garanti. Même succès lorsqu’il dénonce « la politique destructrice de la droite » ou quand il prône la « clarté, la loyauté » en vue du congrès du PS à Reims et promet qu’il ne serait « jamais de ceux qui conduisent à la division du PS ». Dans la peau d’un premier secrétaire, Delanoë propose de « remettre le parti au travail » autour de « chantiers » comme la croissance écologique, l’Europe, les services publics.
« Et si on se retrouvait, Martine ? »
A la recherche d’alliés pour construire une majorité, Delanoë a clairement tendu la main à François Hollande louant « l’intelligence politique » de l’actuel premier secrétaire et partageant avec lui « un projet réformiste, européen et écologiste ». Les deux hommes se sont d’ailleurs rencontrés pendant près d’une heure mardi, à l’issue du bureau national du PS, pour rechercher des convergences. Regrettant que Martine Aubry ait décidé « de discuter avec d’autres », le maire de Paris ne lui ferme pas la porte, bien au contraire : « Et si on se retrouvait, Martine ? » glisse-t-il en référence au titre du dernier livre de l’ancienne ministre de Lionel Jospin. Aubry, qui pourrait se lancer elle aussi dans la course, sera ce soir au JT de France 2. En attendant, le favori des sondages pour la direction du PS, qui hier soir a terminé son meeting totalement en nage, se trouve même des atomes crochus avec son « copain » Benoît Hamon, figure de l’aile gauche du parti. Les grandes manœuvres sont bien lancées.
Le Parisien












