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PS : l’argent de la campagne

La Rue de Solferino alloue une somme de 17 000 € à chacune des six motions en lice. C’est loin de couvrir tous les frais. Du coup, pour faire vivre le débat, les militants sont souvent sollicités.

Rosalie Lucas | 10.10.2008, 07h00
 

ENCORE trois semaines de marathon pour les six motions en lice pour le congrès de Reims. Toutes les équipes vont sillonner la France à la rencontre des militants socialistes jusqu’à leur vote le 6 novembre. Un exercice qui a un coût et pour lequel le Parti socialiste fait une dotation de 17 000 € à chacune des motions. Comme pour une campagne électorale classique, les remboursements des frais se feront sur facture.

Mais, du camp de Ségolène Royal à celui de Martine Aubry en passant par le pôle écologique, tous estiment que cette aide financière n’est pas suffisante. « Pour le dernier congrès en 2005, la somme était de 15 000 €, note David Assouline, sénateur de Paris, proche de Ségolène Royal. Cela est passé à 17 000 en raison de l’augmentation des coûts, mais franchement cela ne couvre pas tout. »

« Louer la Mutualité à Paris coûte déjà 15 000 € »

Car pour mener campagne, les motions doivent notamment envoyer leurs représentants à la centaine d’assemblées générales qui se tiennent dans les fédérations socialistes. « L’essentiel de notre budget est consommé par les frais de transport », reconnaît Eric Loiselet, du pôle écologique. Delanoë, Aubry, Royal et Hamon vont multiplier les déplacements. « On essaie de limiter les frais d’hébergement en ne dormant pas sur place quand c’est possible », admet-on dans l’entourage du maire de Paris.

En plus des AG, certains vont organiser des réunions devant les militants, ce qui n’engage pas de frais si le lieu choisi est un local d’une fédération socialiste ou une salle municipale. Mais pour avoir des lieux plus grands, la location de salle devient obligatoire. « Louer la Mutualité à Paris coûte déjà 15 000 € », signale-t-on chez Ségolène Royal. Un luxe que ne permet donc pas l’enveloppe allouée par le PS, mais que s’offrent les quatre grosses motions en faisant appel aux dons de leurs militants. Les deux autres, plus petites, n’ont pas cette possibilité. « On va faire une campagne light, reconnaît Eric Loiselet. Nous allons optimiser les 17 000 € et beaucoup nous servir de notre site Internet. »

« Tous les autres sont des professionnels de la politique et ne travaillent pas à côté »

Loiselet admet se « sentir limité financièrement » même s’il ne veut pas parler « d’obstacle ». Même discours chez Franck Pupunat, de la motion Utopia, qui trouve que le plus discriminant par rapport aux grosses motions, ce ne sont pas les problèmes d’argent, mais plutôt le manque de temps. « Tous les autres sont des professionnels de la politique et ne travaillent pas à côté, constate-t-il. Moi, j’ai un emploi et, pour aller à certaines réunions, je suis obligé de prendre des demi-journées de repos, ce que je ne peux pas faire systématiquement. »

En plus des 17 000 €, le PS donne une page à chaque motion dans « l’Hebdo », parution envoyée à tous les militants. Prochainement, un tournage de spot sera organisé rue de Solferino et les vidéos seront mises en ligne sur le site Internet du parti. Enfin, toujours sur le Web, un chat par motion sera organisé avec les internautes.

Le Parisien

 
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