DEPUIS quelques jours, les 200 000 militants socialistes ont entre les mains un cahier de plus de 160 pages. Tous ont en effet reçu chez eux les six textes des motions (A, B, C, D, E et F) sur lesquels ils voteront le 6 novembre avant le congrès de Reims (du 14 au 16 novembre) où se décidera la succession de François Hollande à la tête du PS. Les militants ont encore trois semaines pour décrypter des milliers de mots afin de voir ce qui distingue les motions de Bertrand Delanoë, Du pôle écologique (Christophe Caresche…), de Benoît Hamon, de Martine Aubry, de Ségolène Royal et du courant Utopia mené par Franck Pupunat.
Un exercice pas toujours évident tant les similitudes sont nombreuses entre les textes, comme le reconnaissait par exemple Jean-Pierre Mignard, proche de Ségolène Royal, mardi soir lors d’une réunion à la fédération de Paris.
Elément d’éclairage parmi d’autres, nous avons sélectionné quelques mots symboliques (« Europe », « gauche », « réformes »…) et compté combien de fois ils étaient employés dans les différentes motions. Pour chacun de ces huit termes, nous vous présentons le podium des trois textes qui l’ont le plus utilisé. Un exercice révélateur.
« Gauche »
Logique respectée, la motion de Benoît Hamon qui rassemble toute l’aile gauche du parti (de Mélenchon à Emmanuelli et Filoche) cite le plus souvent ce terme. Elle est la seule à proposer de « sortir du libre-échange ». Aubry appelle à « reconstruire » la gauche, qu’elle juge « en panne ».
« Europe »
Si c’est la motion C, de Martine Aubry, qui fait (de loin) le plus référence à l’Europe, les six textes abordent largement ce thème et tous plaident pour une « Europe plus sociale ». Hamon est néanmoins le plus critique sur l’Europe actuelle.
« Etat »
A l’heure de la crise, tous réaffirment la nécessité du retour de l’Etat. Pour Aubry, « la question n’est pas moins d’Etat, mais mieux d’Etat ». Delanoë, lui, évoque un « Etat social ». Royal, elle, appelle à un « Etat préventif et innovateur ».
« Environnement »
Même si tous les textes se sont mis au vert, les plus écolos sont évidemment le Pôle écologique et la motion Utopia. Les six motions évoquent toutes la nécessité d’une « fiscalité écologique » et Royal consacre un chapitre à « l’excellence environnementale ».
« Réforme »
Tous souhaitent la réforme de l’Etat et de la fiscalité. Delanoë insiste aussi sur la réforme du système d’enseignement supérieur, Aubry souhaite « réformer en profondeur l’Education nationale », tout comme Hamon. Royal est la seule à clairement proposer celle du Fonds monétaire international (FMI) dirigé par… DSK.
« Alliances »
Hamon rejette toute alliance avec le MoDem de Bayrou. Aubry y est plutôt favorable au niveau local, mais affirme que le MoDem n’est « pas à gauche ». Delanoë est plus circonspect. La motion de Royal ne cite jamais le MoDem mais juge nécessaire, « une fois les gauches rassemblées au soir du premier tour, de réunir l’ensemble des démocrates qui partagent des valeurs communes avec nous ».
« Sarkozy »
La personnalité la plus citée par les motions n’est pas une figure socialiste, mais Nicolas Sarkozy, qui peut se vanter d’être autant évoqué que l’environnement. Evidemment, de Delanoë à Pupunat, tous fustigent la politique du président.
« Socialisme »
Etonnant : le terme « socialisme » est assez rare dans les motions. Delanoë ne l’emploie même… qu’une seule fois. La championne dans cette catégorie est Aubry qui appelle à « un socialisme de reconquête » quand Royal souhaite en faire « une force neuve ».
Le Parisien












