Invitée ce matin du Grand Rendez-vous Europe 1 - Le Parisien et Aujourd'hui en France, Ségolène Royal exclut tout report du congrès de Reims qui doit permettre de départager les candidats au poste de premier secrétaire du parti socialiste. Pas question pour l'ancienne candidate à l'élection présidentielle de reporter un congrès pour cause de crise comme l'a proposé ce matin, Malek Boutih, secrétaire national du PS et signataire de la motion de Ségolène Royal, dans les colonnes du Parisien.
L'annulation du congrès de Reims?
"Je ne crois pas qu'il soit nécessaire du fait de la crise de reporter un débat essentiel pour la gauche et pour l'avenir du pays. Au contraire. Mes propositions, notamment celles que j'expose dans mon livre écrit avec Alain Touraine (Ndlr : Si la gauche veut des idées) apporte un certain nombre de réponses à la crise actuelle".
Un débat avec Martine Aubry et Bertrand Delanoë?
Le député européen Benoît Hamon, candidat de l'aile gauche du PS et benjamin de la compétition, a lancé l'idée d'un débat public entre les têtes d'affiche des "motions", les programmes soumis au vote des militants. Martine Aubry s'est déclarée samedi prête à débattre avec Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Pour Ségolène Royal, il ne doit pas y avoir de débat de personnes.
"J'ai une vision différente. Ma responsabilité est de pousser en avant la génération des 30 et 40 ans. Il faut préparer la relève. S'il devait y avoir un débat. je viendrais avec mon équipe. On peut être plusieurs derrière le micro! Le PS est malade de ces conflits interpersonnels. Nous sommes en train de fusionner des équipes avec Gérard Collomb ou Dray, être solidaire comme dans une équipe de rugby. Je souhaite aussi me rapprocher du Pôle écologique et de Utopia".
Les motions du Pôle écologique, mené par Christophe Caresche et Géraud Guibert, et de Utopia, de Franck Pupunat, seront présentées au prochain congrès du PS.
Briguez-vous la direction du PS?
Ségolène Royal reste vague sur la question. "J'ai décidé de me mettre en retrait pour pousser une équipe. Mais j'assume pleinement le leadership. J'attends le vote des militants. Il faut d'abord que ma motion arrive en tête du congrès. Si c'est le cas, nous verrons".
La crise financière
"Les prises de participation dans les banques sont une bonne chose. Mais il ne fait pas les revendre immédiatement après la crise. Je crois que le système va se rétablir assez vite. A partir du moment où l'ensemble des pays vont établir des règles au capitalisme, le système ira mieux. Le problème, c'est que ces règles ont été contournées par un système amoral. Il faut aussi mettre fin aux paradis fiscaux, y compris en Europe. Ce que je crains si on ne change pas les règles, c'est qu'on assiste à l'avenir à une crise encore plus aïgue".
«J'espère que la crise aura guéri Nicolas Sarkozy de son admiration pour les crédits hypothécaires et pour la retraite par capitalisation. J'ai entendu le chef de l'Etat tenir un discours très à gauche. Lui qui hier vilipendait l'Etat le revendique aujourd'hui.
«Nicolas Sarkozy était tellement fasciné par le système Bush qu'il avait dit ceci: "les ménages français sont aujourd'hui sous-endettés". Moi, je connais surtout des ménages surendettés (...) Il poursuivait: "une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire"».
Le pouvoir d'achat
"Il faut que le gouvernement s'engage dans une politique de croissance et de relance. Le rôle de l'opposition, c'est de l'aider à sortir de l'ornière. Aujourd'hui, ce n'est pas tant la crise qui pose problème que la faiblesse du pouvoir d'achat et des salaires. Si on supprimait ne serait-ce que 20 des 70 milliards d'euros de niches fiscales, on pourrait redonner cet argent aux foyers les plus modestes".
"Aujourd'hui, les Français découvrent avec stupéfaction qu'il y a de l'argent caché. Les surplus des livrets A qui devaient servir à financer des logements vont finalement être mis à disposition des PME. Cet argent ne devrait pas servir à colmater les mauvaises décisions du gouvernement mais à construire des logements pour les plus modestes. Pour financer les PME, réformons les niches fiscales et les boucliers fiscaux."
Le RSA
Projet phare du Haut commissaire aux solidarités actives, le Revenu de solidarité active a été adoptée en première lecture par les députés. "Le PS a bien fait de s'abstenir. Il fallait effectivement favoriser le retour à l'emploi des plus pauvres mais le financement du Revenu de solidarité active est injuste. On prend sur les petits et des moyens revenus pour donner aux plus pauvres. De plus, le RSA risque de subventionner, avec des effets pervers, l'emploi précaire. Un employeur aura plus intérêt à embaucher deux ou trois salariés à temps partiels qu'à créer un emploi stable"
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