IL EST DEVENU le patron. Ses coéquipiers ne cessent de louer ses qualités de leader, son influence bénéfique sur le terrain, et dans le vestiaire. Pourtant, dimanche contre Nantes, Claude Makelele sera suspendu. La question se pose donc : comment Paul Le Guen fera-t-il évoluer son équipe afin qu’elle conserve la rigueur défensive affichée depuis le début du championnat (deux buts concédés en quatre matchs, dont un penalty) ? Qui prendra le relais de l’ex-joueur de Chelsea pour imposer une certaine discipline au reste du groupe ?
Pour remplacer, poste pour poste, Makelele, Le Guen a largement le choix.
« Nous devons aussi être capables de nous gérer sans lui »
Première hypothèse : titulariser le duo Chantôme-Clément. Les deux joueurs se connaissent parfaitement et ont su créer la saison dernière de bons automatismes. Mais ce serait alors se priver du potentiel d’un Sessegnon largement à son avantage au cours des quatre premiers matchs. Le Béninois peut évoluer à la récupération mais aussi derrière les deux attaquants dans un milieu en losange. C’est un atout, surtout si le score nécessite un changement tactique. Le Guen peut aussi maintenir Hoarau seul en pointe. La prestation en demi-teinte de Kezman samedi avec la réserve parisienne pourrait l’y inciter. La semaine d’entraînement ne sera pas de trop pour permettre à Le Guen de faire son choix. Un moindre mal finalement.
Mais aussi bons soient-ils, ni Sessegnon, ni Clément, ni Chantôme ne pourront assumer dimanche ce rôle de leader désormais dévolu à Claude Makelele. Qui prendra le relais ? « Je pense qu’il participera à la préparation, il sera là pour dire ses consignes, pour communiquer avec tout le monde, indique Sylvain Armand. Mais nous devons aussi être capables de nous gérer sans lui. Il y a des joueurs d’expérience, avec du vécu, capables de prendre les devants dans le vestiaire. »
L’ex-Nantais portera d’ailleurs le brassard de capitaine dimanche soir. Mais ce dernier ne devrait pas être le seul patron sur le terrain. Faute de posséder un joueur aussi emblématique que Makelele Giuly l’est aussi, mais il est plus difficile de donner des ordres lorsqu’on est excentré couloir droit le « pouvoir » sera certainement divisé. Landreau et Armand auront la responsabilité du secteur défensif. Giuly et Rothen se chargeront du secteur offensif. « Son discours nous a libérés, poursuit Armand. Aujourd’hui, certains d’entre nous n’hésitent plus à prendre la parole, à pousser des gueulantes ou encore à replacer les autres. Comme il le fait, on n’hésite pas à le faire aussi. » Décidément, même absent, Makelele est toujours là.
Le Parisien












