L’ACTUALITÉ du PSG ne se limite pas à l’aspect sportif. Dans les hautes sphères du club, on s’agite pour trouver un successeur à Morgan Stanley et ainsi recomposer l’actionnariat. La banque d’affaires anglo-américaine possède 33 % du club parisien, mais souhaite depuis plusieurs mois se désengager. Cette volonté est d’ailleurs antérieure à la crise financière actuelle, qui plonge l’établissement dans une situation très critique.
Le prix jugé élevé
Les candidatures ont donc afflué, ces derniers jours, au siège parisien de l’établissement financier, boulevard Haussmann. Essentiellement des intérêts étrangers. Mais, pour l’instant, rien de très concret. Pour une simple raison : le prix demandé est jugé très ou trop élevé. En effet, pour acquérir les 33 % de Morgan Stanley, Colony Capital espère percevoir environ 30 M€. Une somme d’autant plus importante que le futur acheteur serait minoritaire et n’aurait donc aucun pouvoir de décision dans la structure actuelle. Cet élément constitue aussi un frein non négligeable, d’autant que Sébastien Bazin, le patron de Colony Capital et du PSG, n’envisage pas pour l’instant de céder la majorité. Et ce malgré les mauvaises performances de deux de ses investissements récents : Accor et Carrefour. Mais, face aux difficultés qu’il rencontre et à la volonté de son patron Tom Barrack, Bazin pourrait revoir sa position sur le PSG.
L’état financier général du club constitue un second frein pour d’éventuels investisseurs. Le PSG est dans une mauvaise situation, qui aura pour conséquence un nouveau déficit en fin d’exercice, comme lors des deux précédents : en 2006-2007, les pertes s’élevaient à près de 20 M€, pour un peu moins de 15 M€ l’an passé.
Le futur actionnaire ne devra en outre pas se contenter de débourser seulement 30 M€ pour les parts de Morgan Stanley. Il devra injecter près de 20 M€ supplémentaires afin de combler le prochain déficit et de financer aussi le paiement du recrutement de la saison en cours. Car cet été, faute de moyens, le PSG a vécu à crédit. Il lui faut encore payer le transfert de Kezman (3,5 M€) mais aussi la moitié de Sessegnon (4 M€). Pour le recruter au Mans, les dirigeants parisiens, qui se sont déjà acquittés de 50 % des 8 M€ souhaités, ont demandé d’échelonner les versements sur deux ans.
Malgré tous ces éléments négatifs, le PSG, parce que c’est le club de Paris, demeure attrayant. Il y a un an, des Qataris ont voulu le racheter. Sébastien Bazin s’est tourné un temps vers les dirigeants d’Emirates, la compagnie aérienne de Dubaï, sponsor maillot du club. Ces derniers ont refusé. Le salut pourrait venir d’Abu Dhabi, des Etats-Unis ou de Russie. Cet apport financier devient urgent si le PSG veut retrouver le haut niveau au plus vite.
Le Parisien












