«MIKADO ». C’est le nom de code du projet de réorganisation des sièges sociaux des filiales françaises de Nestlé, selon la CGT. A ce jeu d’adresse, les différentes filiales pourraient perdre 350 emplois, dont la plupart actuellement domiciliés à Noisiel. La direction de Nestlé parle d’information « totalement infondée ».
« Ce plan consiste à réunir dans une nouvelle société les services communs et les fonctions supports des filiales suivantes : Nestlé-France Noisiel (épicerie sèche), Nestlé Waters (eaux minérales Meudon-la-Forêt, Hauts-de-Seine), Nestlé-Purina (aliments pour animaux domestiques Rueil-Malmaison, Hauts-de-Seine), Nestlé Grand Froid (surgelés Noisiel) et Herta (charcuterie sous vide et plats cuisinés Noisiel) », explique Jean-Pierre Ribout, délégué syndical central CGT. Les services touchés sont tous ceux qui n’appartiennent pas à la production : comptabilité, informatique, gestion administrative, paie, direction des ressources humaines, direction technique… Toujours selon le syndicaliste, « l’effectif actuel d’environ 1 200 salariés pourrait fondre à 850. La direction devrait informer les différents CE concernés à partir du mois d’octobre pour un regroupement des salariés en juin 2009 ».
La direction dément en bloc
Ce qui ajoute encore à l’inquiétude des salariés, c’est qu’à partir de cette date débuterait une période de quinze mois pendant laquelle serait négocié un nouveau statut collectif. En juin 2011 serait lancée une nouvelle procédure d’information-consultation qui permettrait « d’externaliser la nouvelle société sous la forme d’une cession d’entreprise à une société de services… » Pour Jean-Pierre Ribout, les risques d’une telle réorganisation sont multiples. « C’est d’abord la disparition d’environ 350 emplois, précise-t-il. Mais aussi le laminage du statut collectif pour le personnel transféré, avec remise en cause de tous les acquis. »
Et le syndicaliste assène : « Cette nouvelle réorganisation intervient alors que la précédente, le projet Avenir toujours en cours, a déjà supprimé 250 postes au siège Nestlé-France de Noisiel. » Ce qui lui fait dire « que le plan prévoyant l’abandon du site de Noisiel n’a pas été mis au rencart, mais semble au contraire plus pertinent que jamais. Nestlé n’ayant pas d’avenir à Noisiel. »
Valérie Bignon, directrice des relations extérieures et de la presse, balaie d’un revers de main tous ces arguments. « Il n’y a absolument rien de nouveau, assure-t-elle. La réflexion générale sur le regroupement de services et la mise en commun de savoir-faire n’est pas nouvelle. Mais il n’existe encore aucun calendrier. Tout cela est totalement infondé. »
Le Parisien












