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LA COURNEUVE.

La visite symbole des députés algériens

Ils ont commencé leur visite en France par la Seine-Saint-Denis et une rencontre émouvante avec les habitants à la Cité des 4 000.

Gwenael Bourdon | 07.10.2008, 07h00
 

C’ETAIT la première étape de leur visite en France. Une délégation de députés algériens était hier en Seine-Saint-Denis, dans le cadre d’un séjour organisé par le groupe d’amitié franco-algérien de l’Assemblée nationale. La dernière visite en France remontait à 2003. Premier arrêt à Bobigny, au conseil général, où l’on a parlé économie et coopération : « Les députés ont souhaité voir plus d’entreprises françaises travailler en Algérie », confie Stéphane Troussel, vice-président socialiste de l’assemblée départementale.

En route pour la mairie d’Aubervilliers, la délégation s’est arrêtée dans le quartier des 4 000, à la Courneuve.

Sur la place de la Fraternité, quelques résidents algériens les attendent. Daniel Goldberg, qui accompagne les députés, leur présente le quartier, sa pépinière d’entreprises, ses constructions nouvelles, son projet de rénovation, ses barres plus anciennes. « Ce quartier, jusque dans les années 1950, était un bidonville. Ce sont les Algériens qui ont construit ces immeubles, c’était alors un vrai progrès… », précise le député socialiste.

« Je reste attachée à ma patrie. C’est un honneur de les recevoir ! »


Ce n’est pas Mohand Baziz qui dira le contraire, lui qui habite la ville depuis 1950. Président du comité 17 octobre 1961, il accueille les députés devant une plaque en hommage aux manifestants algériens tués à Paris, en pleine guerre d’Algérie * . « J’ai assisté à cette manifestation, je l’ai même organisée. Ça a été un vrai massacre », explique-t-il. « Il faut rendre hommage à la poignée de personnes de gauche qui avait dénoncé ces faits. Le temps leur a donné raison », répond le député du FLN, Belkacem Belabbas.

Dans le petit local de l’association, les visages se détendent autour de gâteaux et de jus de fruits. Reguia, une habitante, s’enhardit et se présente à un député : « Mon frère est conseiller du président… » En France depuis vingt-quatre ans, elle est ravie de cette visite : « Je reste attachée à ma patrie. C’est un honneur de les recevoir ! »

En Seine-Saint-Denis, on comptait en 2007 près de 80 000 électeurs algériens. De vieux monsieurs interpellent Mohamed Meziani, du Parti des travailleurs algériens. Leur souci : avec leurs petites retraites, ils n’arrivent pas à se payer le voyage au pays pour les vacances.
« Le billet d’avion est à 600 € et je touche 900 € de retraite », explique l’un d’eux. « Je comprends mieux pourquoi de nombreux résidents ne rentrent pas », constate l’élu. La visite a été brève, mais Mohand Baziz a le sentiment d’avoir aidé au rapprochement des deux pays : « Nous, les Algériens en France, nous sommes le pont entre les deux pays. »
* La répression policière a, selon les historiens, fait plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de morts.

Le Parisien

 
 
 

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