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Agyness Deyn, le top qui décoiffe

Charlotte Moreau | 05.10.2008, 07h00
 
VENT DE FOLIE sur la planète mode. Agyness Deyn, le nouveau top-modèle que tout le monde s’arrache, semble avoir mis les doigts dans la prise, a un prénom qui ressemble à une marque de bière et revendique un look chahuté à la Cindy Lauper. Alors que tout le monde l’attendait à Paris, après l’avoir vue défiler le mois dernier à New York, Londres et Milan, elle vient de dédaigner la semaine du prêt-à-porter dans la capitale pour « travailler sur sa musique ».
 
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L’engouement autour de cette ex-serveuse de 25 ans, née dans la banlieue de Manchester, aurait pu rester un épiphénomène si le lectorat de la presse féminine et people ne s’était lui aussi emballé pour son anticonformisme. La faisant passer, en moins de deux ans, du statut de simple liane détonnant sur les podiums, avec ses cheveux peroxydés et ses sourcils noirs, à celui d’icône stylistique mondiale.
De quoi la bombarder unanimement « nouvelle Kate Moss », d’autant qu’Agyness, chanteuse sur le premier single des Five O’Clock Heroes*, fraie elle aussi avec le rock… et particulièrement avec le guitariste des Strokes. « La comparaison n’a pas de sens », estime Sophie Fontanel, journaliste à « Elle ». « En adoptant les cheveux longs et la raie au milieu de Kate Moss, on ne lui ressemble pas pour autant. Alors qu’à Londres en ce moment, il y a plein de fausses Agyness. Elle peut être un vrai modèle pour les jeunes filles, dont l’envie bourgeoise d’être sexy m’a toujours effrayée. Agyness Deyn n’en a rien à faire, elle, de ses pulsions primaires de femelle. »
« Elle casse les codes du glamour de podium »
Confirmation à la direction d’« Elle », qui fait sa une cette semaine avec la Britannique. « Elle n’est vraiment pas dans le registre de la créature de rêve, sourit Erin Doherty, rédactrice en chef mode. Elle casse les codes du glamour de podium.
» Et de la féminité ? « Non, elle reste féminine mais elle essaierait presque de se défigurer savamment. Alors qu’aucun mannequin ne prend ce risque », reprend Sophie Fontanel. L’attitude, plus que l’anatomie (81-58-85, 1,78 m pour une taille 34) donc. Et ça marche : près d’une vingtaine de marques ont déjà exploité l’image tonique et décalée de miss Deyn, parmi lesquelles Jean Paul Gaultier ou Armani. Sans que ce déferlement commercial ait pour l’instant parasité son aura. « Elle n’a pas encore fait de fautes de goût », analyse Pascal Monfort, professeur en sociologie de la mode. « C’est une fille qu’on n’a pas envie de voir au VIP au bras de Jean Roch. Elle est toujours entourée des bonnes personnes, se montre à la bonne expo, au bon concert, etc. Du coup, le simple fait de savoir qu’elle sera ici ou là est un tampon de crédibilité pour un événement. »
« C’est une fille fraîche, qui arrive à l’heure avec un sourire pour tout le monde »
Un gage de supériorité qui n’a pas, pour l’instant, transformé la demoiselle en diva capricieuse, à en croire l’équipe d’« Elle ». « C’est une fille fraîche, arrivant à l’heure, avec un sourire et un bonjour pour tout le monde », confirme Elsa Deslandes, manucure qui a travaillé avec Agyness pour une séance de poses avec le célèbre photographe Patrick Demarchelier.
« En vingt-cinq ans dans la mode, j’ai connu des tops moins dignes. Et aussi de vraies mortes-vivantes, tenant à peine debout. » Reste une inconnue : combien de temps ? « Les filles avec des coupes de cheveux très identifiées font rarement de longues carrières », remarque Loïc Prigent, journaliste mode à Canal + et « Vogue ». « Sybil Buck et ses cheveux rouges ont fait pschitt en deux ans.
» Passée inaperçue l’an dernier quand elle avait brièvement retrouvé sa chevelure brune naturelle, la belle a vite récupéré son blond oxygéné. Il y a presque vingt ans, Linda Evangelista était connue pour ses lubies capillaires incessantes. Aujourd’hui, elle est la vedette des campagnes publicitaires de Prada… à 43 ans.
* Retrouvez la vidéo sur http://www.
youtube.com/watch?v=dWvw6ZpK1j4

Le Parisien

 
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