150 gardiens d'immeuble et agents de l'office HLM de la communauté d'agglomération Plaine Commune ont manifesté jeudi devant la préfecture de Seine-Saint-Denis leur ras-le-bol des agressions verbales et physiques commises par des locataires selon eux «de moins en moins respectueux».
Ce rassemblement soutenu par la CGT intervient après trois agressions de gardiens en septembre à Saint-Denis, dont deux ont été roués de coups (l'un a eu l'épaule déplacée, l'autre a perdu des dents) par des locataires mécontents.
Une délégation emmenée par Stéphane Peu, maire adjoint PCF de Saint-Denis et président de Plaine Commune Habitat (16.000 logements dans le Nord-Ouest de la Seine-Saint-Denis, 200 gardiens), a été reçue par le préfet.
La police va «épauler le travail de chaque gardien d'immeuble dans les quartiers d'habitat social», a annoncé à l'issue de la réunion le préfet dans un communiqué. Celui-ci ajoute que le procureur va «densifier ses réponses pénales aux agressions de gardiens», notamment dans le cadre des groupes locaux de traitement de la délinquance.
M. Peu demandait «une extension du dispositif de police de proximité aux grands quartiers de logements social», en complément des dispositifs de médiation et de surveillance par des sociétés privées déjà installés par son office.
Pour Michel Digeon, de la CGT, la réunion a été «bénéfique», «une série de mesures d'accompagnement vont être mises en place». «Ceux qui en ont besoin bénéficieront d'une formation supplémentaire», mais prévient-il, «il ne s'agit pas de transformer les gardiens en indicateurs de police».
Les gardiens interrogés mercredi aspiraient à retrouver avec les locataires «une relation de respect». «C'est un métier que j'apprécie beaucoup, j'aime le social, le contact quotidien avec les gens. Mais celui-ci a beaucoup changé: les locataires, et surtout leurs enfants, n'ont plus de respect pour nous», témoigne Mimoun, 30 ans. Gardien depuis sept ans, il relate avoir été «gazé et frappé» en 2007 à La Courneuve «par le frère d'une locataire lors de l'état des lieux d'entrée dans le logement». Il a depuis été muté à Saint-Denis.
Au printemps, un autre bailleur social du département, I3F, avait retiré sa douzaine de gardiens, trop exposés, de la cité des Beaudottes à Sevran.
La ministre du Logement, Christine Boutin, devait se faire remettre jeudi un rapport sur la revalorisation du métier de gardien, alors que leur nombre diminue d'année en année.
leparisien.fr












