LA RÉFORME des programmes du primaire a peine lancée, le ministère a amorcé celle du lycée. Objectif : une nouvelle seconde, dès la rentrée prochaine ! La maquette définitive du nouveau lycée devrait être dévoilée avant la fin octobre, après plusieurs mois de négociations avec les syndicats. Des discussions qui se poursuivent sans le Snes-FSU, syndicat d’enseignants majoritaire dans le secondaire, qui a annoncé hier qu’il se retirait, en raison de « désaccords profonds » avec les hypothèses de travail avancées.
Un emploi du temps moins lourd. Levé tôt, le lycéen français aligne souvent huit heures de cours d’affilée, travaille cinq jours par semaine et il peut même avoir classe samedi matin. Bref, les élèves « travaillent » trop, en tout cas sous la forme actuelle du cours magistral. Pour ceux qui multiplient les options, on frôle les 35 heures hebdomadaires. Soit comme papa et maman, travail personnel à la maison en plus. Le nouveau lycée doit alléger la masse de cours pour se situer dans un volume horaire de 27 heures par semaine, réparties entre enseignements généraux, complémentaires et accompagnement éducatif. C’est l’un des principaux points de désaccord avec le Snes, qui souhaite ne pas descendre en dessous des 30 heures.
Un accompagnement individualisé. Les élèves doivent travailler moins, et mieux. Pour les aider, le nouveau lycée doit proposer plus d’accompagnement individualisé, notamment des cours de soutien sur le modèle de l’expérimentation amorcée cet été avec les stages de prérentrée et le soutien prévu au long de l’année dans deux cents établissements de zones difficiles. Cet accompagnement doit également permettre de diminuer le redoublement. Aujourd’hui, près de 15 % de lycéens redoublent leur seconde (8 % en moyenne en Europe) et, dans certains établissements, on atteint 20 % et plus.
Une meilleure orientation. L’idée : en finir avec la suprématie de la section S, jugée filière d’excellence. Elle fausse les orientations en accueillant tous les meilleurs élèves, alors qu’elle devrait être réservée aux futurs scientifiques. Pour y remédier et faire en sorte que la nouvelle seconde soit vraiment généraliste, les futurs lycéens doivent mettre cette année scolaire à profit pour découvrir un certain nombre de matières, en changer, et moduler ainsi leur parcours de façon plus personnelle.
La fin de la classe ? Le regroupement des élèves par classe, un modèle immuable, a sans doute vécu. Plusieurs pistes sont explorées, mais le nouveau lycée devrait s’organiser autour d’un tronc commun de cours obligatoires pour tous, concentrés sur les enseignements « fondamentaux » : français, maths, langues vivantes, histoire et sport. L’élève y ajouterait un certain nombre de matières de son choix (on parle de onze par an), en cours semestriels. C’est l’un des grands points qui fait débat. Le Snes, en tête, redoute que le caractère facultatif de certaines matières (physiques, biologie…) ne débouche sur des suppressions de postes.
Des élèves plus autonomes. Les lycéens sont aujourd’hui mal préparés à affronter les études supérieures. Problèmes d’orientation, incapacité à travailler seuls : ils ont beau avoir passé le cap du bac, ils échouent ensuite. Plus de la moitié vont redoubler au moins une fois avant la licence, et 20 % abandonnent leurs études au cours des deux premières années. Parti pris du ministère : le lycée et le bac ne sont pas des buts en soi mais doivent préparer efficacement la suite, en proposant notamment un apprentissage au travail autonome par des cours de méthodologie.
Le Parisien










