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Faute d’argent, les parents boudent le privé

Vincent Mongaillard | 08.10.2008, 07h00
 

C’est un effet inattendu de la baisse du pouvoir d’achat et, en même temps, une première depuis sept ans. En cette rentrée 2008 l’enseignement catholique, qui représente plus de 90 % des établissements scolaires du privé, a perdu 5 200 élèves en primaire, et ce alors que le nombre d’écoliers augmente dans l’Hexagone.

 
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Un recul certes léger, de 0,6 % par rapport à 2007, mais qui fait suite, jusque-là, à une croissance chaque année depuis 2001. La raison est semble-t-il financière. « Les difficultés des ménages commencent à se faire sentir », a avancé hier Eric de Labarre, secrétaire général de l’enseignement catholique. « C’est une tendance qui fragilise des établissements. La survie de certains d’entre eux est en jeu », s’alarme Béatrice Barraud, présidente de l’Association de parents d’élèves de l’enseignement libre (Apel).

La cantine y est deux fois plus chère

Selon Eric de Labarre, des familles ont renoncé au privé non pas en raison du coût de la scolarité (30 € par mois en moyenne) mais à cause de l’augmentation de frais annexes, restauration et transports en tête. Dans le privé, un repas revient en moyenne à 6 €, le double de ce qui est facturé dans une école publique où le jambon-purée est subventionné par les communes. A la fin du mois la note dépasse les 90 € par enfant. Une petite fortune pour les foyers qui ont du mal à joindre les deux bouts et qui finissent par rejoindre les réfectoires de l’école publique. « La cantine est la dépense la plus élevée lors d’une scolarisation dans le privé », calcule Jean-Luc Maire, directeur diocésain de Moselle. « Pour compenser, de plus en plus de parents demandent à l’école une réduction des frais de scolarité », observe-t-il.

Il n’est pas rare aussi que l’établissement soit éloigné du domicile. Les parents sont donc souvent obligés d’amener leur enfant en voiture. « La hausse du prix du carburant a pu avoir une influence. Aujourd’hui, les gens essaient de gratter un peu sur tout », estime Dieudonné Davion, directeur régional de l’enseignement catholique dans le Nord-Pas-de-Calais. C’est généralement dans les régions où les fins de mois sont le plus difficiles que la tendance est la plus perceptible à l’image de la Lorraine où la réduction des effectifs atteint plus de 5 %. En revanche, il en est d’autres « en surchauffe » où les établissements doivent refuser du monde faute de places. En Ile-de-France, Alsace, Provence-Alpes-Côte d’Azur ou dans les Pays de la Loire, les listes d’attente ne cessent de s’allonger.

Le Parisien

 
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