C’est un effet inattendu de la baisse du pouvoir d’achat et, en même temps, une première depuis sept ans. En cette rentrée 2008 l’enseignement catholique, qui représente plus de 90 % des établissements scolaires du privé, a perdu 5 200 élèves en primaire, et ce alors que le nombre d’écoliers augmente dans l’Hexagone.
La cantine y est deux fois plus chère
Selon Eric de Labarre, des familles ont renoncé au privé non pas en raison du coût de la scolarité (30 € par mois en moyenne) mais à cause de l’augmentation de frais annexes, restauration et transports en tête. Dans le privé, un repas revient en moyenne à 6 €, le double de ce qui est facturé dans une école publique où le jambon-purée est subventionné par les communes. A la fin du mois la note dépasse les 90 € par enfant. Une petite fortune pour les foyers qui ont du mal à joindre les deux bouts et qui finissent par rejoindre les réfectoires de l’école publique. « La cantine est la dépense la plus élevée lors d’une scolarisation dans le privé », calcule Jean-Luc Maire, directeur diocésain de Moselle. « Pour compenser, de plus en plus de parents demandent à l’école une réduction des frais de scolarité », observe-t-il.
Il n’est pas rare aussi que l’établissement soit éloigné du domicile. Les parents sont donc souvent obligés d’amener leur enfant en voiture. « La hausse du prix du carburant a pu avoir une influence. Aujourd’hui, les gens essaient de gratter un peu sur tout », estime Dieudonné Davion, directeur régional de l’enseignement catholique dans le Nord-Pas-de-Calais. C’est généralement dans les régions où les fins de mois sont le plus difficiles que la tendance est la plus perceptible à l’image de la Lorraine où la réduction des effectifs atteint plus de 5 %. En revanche, il en est d’autres « en surchauffe » où les établissements doivent refuser du monde faute de places. En Ile-de-France, Alsace, Provence-Alpes-Côte d’Azur ou dans les Pays de la Loire, les listes d’attente ne cessent de s’allonger.
Le Parisien










