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La fin du plus grand camp rom de France

Hier, le plus grand bidonville de France, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), a été rasé. Mais son évacuation ne règle pas le problème des Roms, minorité pauvre venue d’Europe de l’Est, en Ile-de-France.

04.09.2008, 07h00
 

Un tas de gravats. C’est tout ce qu’il reste depuis hier matin de l’immense bidonville de Saint-Ouen où vivaient depuis deux ans plus de 600 Roms, à deux pas du périphérique parisien.
A l’aube, la police a évacué les 29 derniers habitants. Seules 25 de ces familles venues de Roumanie ont été autorisées à rester en France dans un village d’insertion.

 
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D’autres ont dû quitter le territoire national, par leurs propres moyens ou dans un des avions affrétés par l’Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (Anaem). Enfin, quelques-uns ont préféré rejoindre des campements installés ailleurs en région parisienne.

« D’ici à quelques semaines, on va les retrouver dans un autre camp »

La fermeture du site de Saint-Ouen s’inscrit en droite ligne dans la politique menée par la France sur ce dossier, avec multiplication des évacuations et des « retours humanitaires ». « Notre pays ne peut pas et ne veut pas accueillir tous les Roms », martèle Olivier Dubaut, le préfet de Seine-Saint-Denis.
En 2007, sur les 23 186 étrangers reconduits à la frontière, 2 271 étaient roumains, 810 bulgares.
De janvier à mai 2008, 4 600 Roms ont, selon le collectif Romeurope, été renvoyés dans le cadre d’un retour humanitaire.
Pourtant, le nombre de Roms ne diminue pas. Selon les associations, ils sont toujours 2 000 à 4 000 en Ile-de-France. « Les familles font l’aller-retour, explique Coralie Guillot, de l’association Parada. D’ici à quelques semaines, on va les retrouver dans un autre camp… Elles se seront simplement offert des vacances au pays aux frais du contribuable français. » Ce à quoi le préfet de Seine-Saint-Denis rétorque : « Dans mon arrondissement, le nombre de Roms a baissé depuis 2006. »
Loin de régler la question des bidonvilles, l’aide au retour aurait un effet pervers. « En Roumanie, le salaire moyen mensuel est de 194 €. Avec l’Anaem, une famille peut toucher jusqu’à 1 000 €. Des familles très pauvres n’hésitent pas à quitter leur emploi pour toucher le pactole », assure le collectif Romeurope.
Que faire alors ? Il y a deux ans, Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) a accueilli le premier village d’insertion. Il en existe aujourd’hui trois en France. Les premiers résultats sont probants mais les places très chères. « Faute d’argent, nous refusons des personnes qui présentent tous les critères d’insertion, reconnaît Marie-Louise Mouket, de l’association Pactarim 93, missionnée par l’Etat.
Il nous faudrait un soutien financier européen. »
« Si l’on veut enfin régler la question rom, estime Malik Salemkour, de la Ligue des droits de l’homme (LDH), il faut qu’ils aient accès en France à tous les métiers. Il faut aussi lutter contre les discriminations dont ils sont victimes dans leurs pays. » Autant de questions qui devraient être débattues le 16 septembre, à Bruxelles, pour le premier sommet européen sur les Roms.

Le Parisien

 
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