LA MANIFESTATION des gardiens d’immeuble de Plaine Commune Habitat à Bobigny n’a pas été vaine. Hier, à l’issue de ce rassemblement, la préfecture, qui a reçu une délégation emmenée par Stéphane Peu, le président de cet office HLM, a annoncé l’extension des Uteq, les unités territoriales de quartier déjà présentes au Franc-Moisin à Saint-Denis, aux 4 000 à La Courneuve et à Clichy-Montfermeil , au quartier des Poètes à Pierrefitte.
Trois agressions en septembre
« La réunion a été bénéfique », commente Michel Digeon, de la CGT, qui prévient toutefois : « Il ne s’agit pas de transformer les gardiens en indicateurs de police. » « Nous avons été entendus », confirme Stéphane Peu. Hier, quelque 150 gardiens ont manifesté devant la préfecture pour crier leur ras-le-bol après l’agression de trois d’entre eux en septembre. Tous font état d’une dégradation inquiétante de leurs conditions de travail. « On ne peut plus faire notre travail correctement. Le matin, ça va. Mais l’après-midi, dès qu’ils (NDLR : les jeunes qui sèment la pagaille) sont réveillés, cela devient infernal. Ils boivent et ils fument dans les halls, ils jettent leurs papiers par terre. C’est la provocation permanente », témoigne Daniel. « On fait tout pour que la cité, qui vient d’être réhabilitée, reste propre. Mais ils cassent tout, les ascenseurs, les lampes… Chaque jour, il faut réparer ce qu’ils ont cassé la veille. C’est démoralisant », ajoute Jean-Yves, son collègue. « Evidemment, on est au courant de tout, des trafics, des viols… Mais on ne peut rien dire sous peine de représailles. Alors on fait un rapport et on se tait », confie une gardienne. Hasard du calendrier, hier, Christine Boutin, la ministre du Logement, s’est vu remettre un rapport sur la revalorisation du métier de gardien. Il préconise de « construire une véritable filière de la formation des gardiens » et insiste sur la nécessité de séparer le logement de fonction des gardiens du local d’accueil.
Le Parisien











