Le jour où les députés commencent à plancher sur le Grenelle de l’environnement, le ministère de l’Ecologie dévoile un sondage, que nous publions ce matin. Sans surprise, les Français apprécient ce processus. 72 % estiment que la démarche qui a consisté à réunir tous les acteurs Etat, associations, collectivités locales, entreprises en vue de « bâtir ce plan d’action environnemental » est innovante.
L'Assemblée nationale examine à partir d'aujourd'hui le projet de loi sur le Grenelle de l'environnement. Après un an de débats, c'est un aboutissement ?
Jean-Louis Borloo. C'est aujourd'hui le temps du Parlement qui va donner la feuille de route, les objectifs, un calendrier et les moyens... C'est une étape essentielle. De plus, ce qui est important pour moi, c'est que le Grenelle impacte déjà la société française. La mobilisation des entreprises et des professionnels, que nous voyons par exemple aux Salons de l'habitat ou aujourd'hui au Salon de l'auto, qui fait la promotion des « voitures vertes », en sont la meilleure démonstration.
Les Français sont-ils définitivement convertis à l'écologie ?
Le Grenelle est entré dans les mœurs. C'est aussi lié au processus. Depuis un an, il y a eu une multitude de débats en régions sur tous les grands sujets du Grenelle, plus de 300 000 internautes sont intervenus sur notre site, tous les acteurs se sont exprimés... De ce point de vue-là, et indépendamment des mesures, le Grenelle est déjà une réussite. Mais c'est un perpétuel mouvement. Il faudra modifier encore des choses, tirer les leçons de l'expérience.
Une des mesures les plus emblématiques, déjà mise en oeuvre, le bonus-malus écologique sur la voiture, a été critiquée...
Non. Il y a eu un problème sur la taxe dite « pique-nique » qui a été mal comprise et ce projet a été retiré. C'est cela qui a pu entretenir la confusion. L'opinion a toujours été favorable au bonus écologique. Les Français en ont d'ailleurs bénéficié : 700 000 foyers ont choisi depuis janvier, avec le bonus, une voiture moins consommatrice d'énergie. Sur le fond je suis parfaitement clair, le président de la République l'a redit : nous mettrons bien en œuvre cette mesure, progressivement.
Vous aviez prévu que d'ici la fin de l'année, elle serait étendue. Où en est-on ?
On va réunir les associations de consommateurs et les acteurs du Grenelle, finaliser les projets, et nous annoncerons le produit retenu quand il sera prêt. Mais, à chaque fois, nous voulons tenir compte du pouvoir d'achat, de l'efficacité écologique du produit et de ses enjeux sociaux et industriels.
Vous n'êtes donc pas prêts pour l'instant ?
Pas encore. Mais, je le répète, cette idée de bonus écologique n'est ni accélérée ni ralentie !
En ce moment il y a une levée de boucliers sur les éoliennes. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Les Français sont majoritairement pour les énergies renouvelables et en même temps ils ne veulent pas que cela soit fait n'importe où et n'importe comment. L'éolien et l'ensemble des énergies renouvelables va continuer à se développer. Mais je m'engage à être attentif et précautionneux, notamment concernant les paysages. Des sites sont exceptionnels, des lieux sont à préserver.
Les débats commencent ce soir, il ne risque pas d'y avoir un couac, comme pour les OGM ?
Le débat fait partie de la vie parlementaire. Les parlementaires ne découvrent pas le texte, ils l'ont déjà beaucoup travaillé.
Vous avez toute confiance dans la majorité pour qu'il n'y ait pas de surprise ?
Le président de la République et la majorité ont souhaité ce texte. Compte tenu de la nature du sujet, sur l'avenir de notre planète, je suis sûr que les débats seront à la hauteur des enjeux.
Le Parisien












