« JE ne sais pas pourquoi, mais je sens que je vais regagner un jour. » Alors comme chaque semaine depuis la naissance du Loto en 1976, Jacques, qui a décroché le jackpot avec son frère en 1991, empochant 53 millions de francs (près de 9 millions d’euros), va cocher aujourd’hui ses numéros fétiches. Même si les règles du jeu pratiqué chaque année par 15 millions de Français ont été revues de fond en comble, le quinquagénaire millionnaire des Pyrénées-Orientales entend bien tenter sa chance à ce nouveau Loto dont le premier tirage se déroule ce soir.
« Je ne voulais pas y croire, c’était tellement énorme »
Ce qui n’a rien pour déplaire à Jacques, célibataire sans enfant, devenu super-riche il y a dix-sept ans. C’était un 24 décembre. « Pour le réveillon, j’étais allé en boîte de nuit. Quand je suis rentré à la maison à 5 heures du matin, personne n’était couché dans ma famille. Mes proches m’ont annoncé la nouvelle. J’ai tout de suite pensé à ma mère qui venait de décéder. Je ne voulais pas y croire, c’était tellement énorme », se souvient-il. A l’époque, le chanceux est employé au… Trésor public ! « Mon signalement avait été donné à toutes les banques, mais j’ai préféré placer tout mon gain chez mon employeur qui, à l’époque, avait encore un secteur bancaire. » Au Trésor, il confie donc sa fortune, mais plus ses journées : craignant que ses collègues imaginent qu’il ne vient que pour « les narguer », il ne retournera plus jamais à son bureau.
Ses premières dépenses de nouveau riche ? Une BMW et un voyage au Québec. Il est aussi invité au Ritz où, devant l’objectif de notre photographe, il pose aux côtés de son frère sur le capot d’une Rolls Royce. Il raconte sa nouvelle vie à Jean-Pierre Foucault sur le plateau de « Sacrée Soirée », fait un don à la Ligue contre le cancer et signe un énorme chèque à son père, ex-fonctionnaire des douanes. « Il me l’a redonné en lançant : Mais qu’est-ce que je vais faire avec ça ? Je n’en ai pas besoin, j’ai déjà ma retraite !
» se rappelle-t-il.
Même s’il possède « cinq ou six cartes bancaires » et « quatre ou cinq chéquiers », Jacques n’est pas un flambeur. Il voyage plus souvent en classe éco qu’en classe affaires, rêve mieux dans un trois-étoiles que dans un palace, et peut rester deux ans sans prendre de vacances exotiques. Il a une belle maison, mais « la piscine n’est pas chauffée » ! Lui préfère investir plutôt que consumer sa fortune. « Avec mon frère, devenu artisan peintre, on a des immeubles. » Ce joueur de saxophone est aussi à la tête d’un magasin de musique.
L’ex-contrôleur des impôts, qui a toujours diversifié ses placements, jure qu’il n’est « pas vraiment touché » par la crise financière actuelle, et pense même que la situation va s’améliorer. Un optimiste donc, mais surtout un homme qui a « une chance insolente », dixit Jean-Marc, l’un de ses amis. Car six mois après avoir touché le gros lot, il remporte 240 000 F (36 000 €) au Loto. « Juste de quoi s’offrir l’apéritif… j’étais gêné d’apporter le chèque à la banque ! », ironise-t-il, en livrant la recette de cette invraisemblable baraka : « C’est la persévérance qui paie. »
Le Parisien











