LES CLOCHES d’un troupeau de vaches sont en train de semer la zizanie à Villaz, petit village de 3 000 habitants au-dessus d’Annecy. Plusieurs riverains se plaignent du bruit des cloches la nuit. L’un d’entre eux vient même de porter plainte contre l’agriculteur. Ce dernier a été entendu par les gendarmes.
Alors, des habitants ont décidé de le soutenir en lançant une pétition.
Henri, 70 ans, est lui aussi gêné par le tintement : « Et pourtant, je suis un ancien agriculteur. Mais j’ai toujours respecté les autres. M. Déronzier, lui, se croit seul sous les étoiles. Il ne respecte personne. » De son côté, le fermier visé ne veut pas en démordre : « Sur l’ensemble du troupeau, il y a seulement sept cloches. Et ce n’est pas que pour le folklore. Cela permet aux chiens de localiser les animaux rapidement. Qu’on me laisse travailler tranquille ! Je ne suis pas prêt à me laisser faire », prévient Michel Déronzier.
« Ceux qui se plaignent n’ont qu’à aller en ville »
Ses défenseurs font signer un tract. « Les signataires tiennent à affirmer leur soutien à l’agriculteur et ils demandent que tout soit mis en oeuvre pour préserver les pratiques et traditions ancestrales de notre agriculture », est-il écrit. « Cette histoire est ridicule. On ne va pas supprimer les cloches des vaches à la campagne. Ceux qui se plaignent n’ont qu’à aller vivre en ville. Ils verront si c’est mieux avec le bruit des voitures ! » clame une signataire. La femme du riverain qui a porté plainte réplique : « Ces gens n’ont pas de vaches avec des cloches sous leurs fenêtres toute la nuit. Sinon, ils comprendraient notre problème. » Et elle dénonce même une possible « vengeance » de l’agriculteur « qui a été condamné pour un problème de droit de passage ». Le maire, Bernard Emin, déplore cette situation « à un moment où il faut se battre pour protéger le milieu agricole » En 2006, le tribunal d’Aix-les-Bains avait déjà obligé un agriculteur de Saint-Offenge-Dessous (Savoie) à placer son troupeau « à au moins 100 mètres » de l’habitation d’un riverain qui se plaignait… du bruit des cloches des vaches.
Le Parisien











