Si pour les lasers, il existe bien une réglementation, peu appliquée , qui les réserve aux seuls médecins, il n’y en a aucune pour les lampes flash et les diodes LED. Les dermatologues, qui ont récemment obtenu la condamnation par la cour d’appel de Rennes d’un professeur de gymnastique, créateur d’un institut d’épilation au laser, pour exercice illégal de la médecine, réclament un cadre juridique. « L’utilisation non régulée de ces appareils, notamment les diodes, pourrait constituer à terme une question de santé publique, insiste la dermatologue. Un peu comme avec les séances d’UV. On s’est aperçu vingt ans après des dégâts qu’elles causaient… et il a fallu réglementer (nombre de séances, puissance du matériel…). »
« Nous craignons qu’une utilisation répétée fasse le lit du cancer »
Aujourd’hui, ces merveilles de technologie déferlent chez les esthéticiennes et, en version miniaturisée, s’arrachent dans les magasins de beauté. Pas un institut de beauté qui ne propose ses lampes flash, ses diodes comme traitement anti-âge, anti-acné, ou anti-vergetures.
Le modèle portable Light 590 de Talika, sorti au printemps chez Marionnaud fait un carton malgré son prix de 250 €. Avec ses diodes émettrices de lumière LED (Light-Emitting Diode), il promet, en quarante-cinq secondes chaque matin, de rajeunir l’ovale du visage.
Ces traitements innovants sont basés sur l’utilisation du rôle photo modulateur de la lumière sur la peau. Ils stimulent l’activité métabolique des cellules du derme et réactivent la création de collagène et d’élastine.
Les stars américaines, qui arborent toutes leurs LED personnels, sont devenues accros et les ont surnommés « skin fitness » (fitness de la peau).
« Certes, les résultats sont là, confirme le docteur Françoise Roudil, secrétaire général du syndicat des dermatologues. La lumière chauffe, et le teint en sort plus éclatant, plus rosé, un peu comme après le soleil. Mais nous craignons qu’une utilisation répétée de ces appareils fasse le lit du cancer. »
Le Parisien












