Une chambre d'étudiant dans les anciens logements d'officiers du Val-de-Grâce, dans le Ve arrondissement parisien, ou dans le quartier marseillais de la Belle-de-Mai : ce devrait être possible à partir de 2010.
Hervé Morin et Valérie Pécresse, respectivement ministres de la Défense et de l'Enseignement supérieur, ont signé vendredi un protocole d'accord qui prévoit de transformer des terrains et bâtiments militaires en logements étudiants, comme le révélait vendredi matin Le Figaro.
Une première liste de qunize villes
Dans un premier temps, quinze villes qui manquent de logements pour les étudiants seront concernées. Il s'agit d'Arras, Bordeaux, Caen, La Rochelle, Limoges, Marseille, Metz, Montpellier, Nancy, Nantes, Paris, Reims, Toulouse, Valenciennes et Versailles.
Au total, d'ici à 2012, 6000 nouveaux logements accueilleront les étudiants sur les terrains ainsi libérés. Certains devront être livrés en 2010. Le protocole prévoit que ces logements devront être localisés prioritairement à proximité des lieux d'enseignement supérieur, des gares ou facilement accessibles par les transports en commun. Un effort particulier sera porté à la région Ile-de-France, où l'urgence en matière de logements étudiants est la plus forte.
Par ailleurs, le texte affirme que les Crous (oeuvres universitaires, acteur public qui gère aujourd'hui le logement étudiant), «prendront part au projet de construction ou de réhabilitation et pourront être sollicités pour assurer la gestion et l'attribution des chambres construites».
Les bémols des syndicats étudiants
La nouvelle a été bien accueillie par les syndicats d'étudiants, avec quelques bémols. «Cette annonce va dans le bon sens et va permettre à l'Etat de respecter ses engagements en matière de construction définis dans le plan Anciaux (1) », pour Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef (Union nationale des étudiants de France). Il émet toutefois deux réserves : «Il ne faudrait pas que ces logements soient confiés au privé. Nous voulons que les Crous soient gestionnaires car ils sont les seuls garants d'une attribution sur critère sociale et de l'instauration de loyers modérés.»
La Fage (Fédération des associations générales étudiantes) souhaite également que «ces logements soient rénovés, construits et gérés par les seuls Crous et qu'ils ne ressemblent pas à des casernes d'étudiants et ne se trouvent pas trop loin des universités».
La Confédération étudiante (Cé) demande, elle, à Valérie Pécresse «une réponse urgente à la question» de savoir «combien d'étudiants cela va-t-il concerner sachant qu'aujourd'hui il existe 150.000 places pour 1,3 millions de demandeurs».
(1) Le plan Anciaux porte sur la période 2004-2014 et prévoit 5.000 constructions et 7.000 réhabilitations de chambres universitaires par an pendant 10 ans à partir de 2004, mais son application a pris du retard.
Leparisien.fr avec AFP












