ELENA, 21 ans, deux enfants
«LE PRÉFET a pas voulu qu’on reste. C’est pas bien. » Ses bagages sur un chariot, son fils dans les bras, Elena n’en finit pas de ressasser la décision de la préfecture de Seine-Saint-Denis. Il est 11 heures, ce jeudi 28 août.
La salle d’embarquement du terminal T3 de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle vibre au rythme des touristes de retour de vacances.
« Je ne veux pas y retourner. Là-bas, il n’y a pas de travail, pas d’école… C’est dur pour nous les Roms. On vit dans la banlieue de Bucarest. C’est sale. Il y a des rats partout… » explique cette brune aux longs cheveux et aux yeux perçants. Aubervilliers, Saint-Denis, Saint-Ouen… Elena est née à Bucarest, mais elle connaît le 93 comme sa poche. « Cela fait quatre ans que je suis en France. Békali, mon deuxième petit garçon, est né ici. Il a 17 mois. Le premier, Renardo, a 5 ans. » Depuis son arrivée en France, enchaîne Elena : « Je lave les vitres des voitures aux feux rouges, je fais la manche. La même chose qu’à Bucarest, mais je gagne plus. Et puis, surtout, j’ai de l’espoir. »
« Là-bas, il n’y a pas de travail, pas d’école… C’est dur pour nous les Roms. »
Ici, grâce à sa connaissance du français, Elena a réussi à donner quelques cours de roumain. « On m’a aussi payé pour être interprète », dit-elle. Pourtant, elle ne fait pas partie des cent personnes autorisées à rester en France. « Elle a participé à l’enquête sociale, raconte Coralie Guillot, de l’association Parada. Son fils souffre d’une très grave maladie qui nécessite un suivi médical. A priori, elle avait ses chances, mais son nom n’était pas sur la liste des inscrits… » Déçue, Elena a finalement décidé d’accepter la prime d’aide au retour. « C’est toujours mieux que d’être expulsés par la police. Au moins, on va faire le voyage tranquilles. Et puis on va toucher de l’argent. » Mais quand on lui demande quels sont ses projets en Roumanie, elle sourit : « Des projets en Roumanie ? Il n’y en a pas. Pour nous, l’avenir, il est ici. Et on va essayer de revenir. »
Le Parisien











