Toute l'actualité S'abonner : Web | Journal | mobile PDF RSS
 
Presse regionale
 
 

Société

 
 

« On va essayer de revenir »

04.09.2008, 07h00
 

ELENA, 21 ans, deux enfants
«LE PRÉFET a pas voulu qu’on reste. C’est pas bien. » Ses bagages sur un chariot, son fils dans les bras, Elena n’en finit pas de ressasser la décision de la préfecture de Seine-Saint-Denis. Il est 11 heures, ce jeudi 28 août.
La salle d’embarquement du terminal T3 de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle vibre au rythme des touristes de retour de vacances.

Elena ne les voit pas. Dans quelques minutes, cette jeune femme de 21 ans, ancienne habitante du camp rom de Saint-Ouen, s’envolera avec sa famille pour Bucarest sur un des avions affrétés par l’Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (Anaem).
« Je ne veux pas y retourner. Là-bas, il n’y a pas de travail, pas d’école… C’est dur pour nous les Roms. On vit dans la banlieue de Bucarest. C’est sale. Il y a des rats partout… » explique cette brune aux longs cheveux et aux yeux perçants. Aubervilliers, Saint-Denis, Saint-Ouen… Elena est née à Bucarest, mais elle connaît le 93 comme sa poche. « Cela fait quatre ans que je suis en France. Békali, mon deuxième petit garçon, est né ici. Il a 17 mois. Le premier, Renardo, a 5 ans. » Depuis son arrivée en France, enchaîne Elena : « Je lave les vitres des voitures aux feux rouges, je fais la manche. La même chose qu’à Bucarest, mais je gagne plus. Et puis, surtout, j’ai de l’espoir. »

« Là-bas, il n’y a pas de travail, pas d’école… C’est dur pour nous les Roms. »

Ici, grâce à sa connaissance du français, Elena a réussi à donner quelques cours de roumain. « On m’a aussi payé pour être interprète », dit-elle. Pourtant, elle ne fait pas partie des cent personnes autorisées à rester en France. « Elle a participé à l’enquête sociale, raconte Coralie Guillot, de l’association Parada. Son fils souffre d’une très grave maladie qui nécessite un suivi médical. A priori, elle avait ses chances, mais son nom n’était pas sur la liste des inscrits… » Déçue, Elena a finalement décidé d’accepter la prime d’aide au retour. « C’est toujours mieux que d’être expulsés par la police. Au moins, on va faire le voyage tranquilles. Et puis on va toucher de l’argent. » Mais quand on lui demande quels sont ses projets en Roumanie, elle sourit : « Des projets en Roumanie ? Il n’y en a pas. Pour nous, l’avenir, il est ici. Et on va essayer de revenir. »

Le Parisien

 
Tous les articles de la rubrique
 
 
Dépêches
Choisir un autre fil info :
 
Sites du Groupe Amaury