Le prix Nobel de médecine 2008 a été attribué lundi à Stockholm aux Français Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier ainsi qu'à l'Allemand Harald zur Hausen.
Les deux chercheurs français ont ouvert la voie à vingt-cinq années de recherche sur le sida, grâce à la première description du virus en 1983.
Un quart de siècle après cette découverte, alors que le chemin à parcourir reste immense pour juguler ce fléau mondial, le Nobel rend, en quelque sorte, justice aux chercheurs de l'Institut Pasteur, à Paris,
Fin d'une longue polémique
Cette distinction met fin à une longue polémique, assortie dans l'ombre de tractations diplomatiques franco-américaines, de procédures judiciaires et d'accords négociés, qui les a opposés au brillant chercheur américain Robert Gallo et son équipe leur contestant la primauté de cette découverte.
La rivalité entre les deux chercheurs, Gallo et Montagnier, ravivée par la guerre des brevets, débouche sur un accord en 1987. La revue scientifique « Nature » publie alors une «chronologie de la recherche sur le sida», issue de la négociation et rédigée avec les deux ex-rivaux. Sur les tests, un nouvel accord intervient en 1994, plus satisfaisant pour Pasteur.
Agé aujourd'hui de 76 ans, le Professeur Montagnier se voit récompensé, avec sa collaboratrice, Françoise Barré-Sinoussi (61 ans), par l'académie du Nobel. Idem pour l'Allemand, Harald zur Hausen (72 ans), qui a trouvé la cause du cancer de l'utérus, le papillomavirus (VPH), deuxième type de cancer le plus répandu chez les femmes.
«La découverte a été essentielle à la compréhension actuelle de la biologie de cette maladie et à son traitement anti-rétroviral», a indiqué le comité Nobel dans son communiqué. «L'importance de leur travaux doit être considérée dans le contexte de l'épidémie omniprésente dans le monde et qui affecte près d'1% de la population, note encore le comité Nobel. Le succès de la thérapie rétrovirale a permis d'augmenter l'espérance de vie des personnes affectées par le VIH, espérance aujourd'hui semblable à celle des personnes saines».
«J'étais à 100 lieues de m'attendre à cette nouvelle»
On estime que 33 millions de personnes séropositives vivent actuellement dans le monde.
«J'avoue que j'étais à 100 lieues de m'attendre à cette nouvelle» a déclaré Françoise Barré-Sinoussi, en ajoutant avoir, après 1983, consacré «entièrement sa carrière à la recherche sur le virus».
Le chercheur allemand recevra la moitié du prix de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros) et les deux autres lauréats français se partageront la seconde moitié.
leparisien.fr












