LE MONDIAL de l’automobile* est-il aussi vert qu’il le prétend ? L’omniprésence, sur les stands des principaux constructeurs, de prototypes et de concept cars carburant aux énergies propres promet en effet un avenir automobile sous le signe de la chlorophylle. Mais attention, les premiers modèles 100 % propres ne poseront pas leurs roues sur nos routes bitumées avant 2010, au mieux.
L’ELECTRIQUE, OUI MAIS RENOUVELABLE
Rendez-vous sur le stand Smart. La petite citadine roule déjà 100 % électrique depuis l’an dernier à Londres. « Huit heures de charge sur une prise classique offre 115 km d’autonomie », claironne l’hôte chargé de la promotion de la Smart EV. « Parfait, mais où est-ce qu’on la branche, demande Anne, quand on habite au sixième étage d’un immeuble à Paris et qu’on n’a pas le droit d’équiper le parking collectif de prises électriques pour des raisons de sécurité ? » La question scotche littéralement le jeune homme. « La solution est bonne, mais reste limitée à un usage urbain pour des petits trajets, reprend Anne Valette. Le plus gênant pour nous reste l’origine de l’électricité. La seule voiture vraiment verte serait celle qui roule entièrement avec de l’électricité produite par des énergies renouvelables, non par des centrales nucléaires. »
LES BIOCARBURANTS, C’EST NON
Il y a deux ans, lors du précédent salon, on ne jurait que par eux. Les biocarburants jouent cette année la carte de la discrétion. Sur le stand Renault, la jeune militante pose ses yeux sur une petite Clio qui roule à l’E85 (bioéthanol). Avec deux planches de surf sur le toit, le modèle griffé Rip Curl sent bon le vent marin. Las ! le verdict tombe immédiatement. « C’est l’exemple même de la fausse bonne idée, une vaste blague, assène la visiteuse. Ils ont tout faux chez Renault. La Clio arbore le label Eco2, qui ne veut absolument rien dire, et rejette 139 g de CO2 par kilomètre, davantage que certains modèles plus imposants ! Et puis, il faut regarder le bilan global des biocarburants, responsables de la déforestation et de la hausse des prix des produits alimentaires de base. »
LE DIESEL, EN ATTENDANT MIEUX
Quelle voiture achèterait donc notre écologiste de Greenpeace si elle en avait besoin ? « Cela va peut-être vous surprendre, mais ce serait sans aucun doute une 308 Peugeot, ou sa soeur jumelle C4 chez Citroën, diesel et équipée d’un filtre à particules qui réduit considérablement les émissions polluantes. Regardez ! Elle n’est qu’à 109 g de CO2 avec son système Stop and Start, qui éteint automatiquement le moteur dès qu’elle s’arrête pendant quelques secondes. » Pour les acheteurs sans enfants et résidant en ville, la Smart diesel (88 g de CO2), à 12 850 € en prix de base, « est aussi très bien », selon Anne Valette. Mais il faut « là aussi la choisir avec l’option filtre à particules (NDLR : 250 € supplémentaires). »
L’HYBRIDE, MAIS SANS EXCES
La Toyota Prius, un des rares modèles disponibles en motorisation hybride essence/électrique aujourd’hui, s’attire également les faveurs d’Anne Valette. « Elle est un peu chère, mais a réussi à jeter les bases d’une nouvelle manière de rouler. C’est bien tant que les constructeurs n’en abusent pas… ce qu’ils font sans vergogne ! Il suffit de voir les gros 4 x 4 hybrides de Lexus ou, pire, la luxueuse Mercedes S400 hybride à 190 g de CO2. Là, c’est une aberration ! »
* Tous les jours jusqu’au 19 octobre, au parc des Expositions, porte de Versailles à Paris.
Le Parisien











