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FOOTBALL, MONDIAL 2010 (ELIMINATOIRES)/AUTRICHE - FRANCE 3-1.

Ça ne pouvait pas plus mal

Pour leur premier match officiel depuis le fiasco de l’Euro, les Français ont vécu un cauchemar. Une réaction est attendue sans délai mercredi face à la Serbie.

Harold Marchetti | 07.09.2008, 07h00
 

L’AFFAIRE n’en est certes qu’à ses prémices, mais elle s’esquisse bien mal. Pour susciter une dynamique, clore les polémiques de l’été et escorter une histoire naissante de l’indulgence qui s’attache aux balbutiements, il aurait fallu tout autre chose qu’une défaite indigne face à l’Autriche (3-1), en ouverture des éliminatoires de la Coupe du monde 2010.



Car, dans ce mini-championnat où trois équipes la Roumanie, la Serbie et la Lituanie étaient présumées supérieures à la sélection de Karel Brückner, les trois points perdus, hier soir à Vienne, vont peser d’un poids considérable. En conséquence, il convient déjà d’appréhender la réception de la Serbie, mercredi au Stade de France, sous un jour différent…

En corollaire, Raymond Domenech voit, lui, sa marge de manoeuvre se réduire comme peau de chagrin.
Toute autre issue qu’un succès face aux Serbes le placerait en effet dans une posture intenable avant le périlleux déplacement à Constanta, le 11 octobre. « On aura le temps de s’inquiéter ou pas. C’est le propre de ces poules d’être serrées. On en a l’habitude depuis quatre ans. Personne n’a dit qu’on gagnerait tous les matchs. Surtout pas moi », analyse Domenech.

Le fond du problème la réalité de l’équipe de France d’hier soir est tout simplement que certains joueurs n’ont pas encore le niveau international. Ils ont la volonté, mais ils n’ont pas les capacités, tout de suite, pour donner le change.

C’est comme si avec neuf rescapés de l’Euro, plus Mexès et Sagna dans le onze de départ, ils s’étaient présentés à Vienne avec leur traumatisme : mêmes joueurs, même organisation, même jeu poussif. Cruellement dépourvus de sérénité et de sécurité, les Bleus et leurs fantômes arpentaient la pelouse du Ernst-Happel Stadion lestés de leurs doutes et de leurs inhibitions.

« On s’attendait à souffrir sur les coups de pied arrêtés »

Ils paraissaient jouer mécaniquement, construisant le jeu selon leur idée, mais toujours avec un peu trop de retard et pas assez de spontanéité. « On n’a pas manqué d’envie. On a poussé, essayé, bataillé. On a perdu une partie. Il y en aura d’autres. On les abordera avec enthousiasme », promet Domenech.

Déjà chahutée en Suède, le 20 août, la défense s’est fissurée, à deux reprises, en première période sur des coups francs identiques venus de la droite. Mexès sous la pression de Janko d’abord (8 e ), puis Gallas, en déviant une frappe d’Aufhauser (41 e ) ensuite, jouant un mauvais tour à l’infortuné Mandanda. Govou a restauré une parcelle d’espoir (61 e ). Mais un penalty d’Ivanschitz scellait le sort du match (72 e ). « On s’attendait à souffrir sur les coups de pied arrêtés. Hormis couper une ou deux têtes, il n’y avait rien à faire », déplore Domenech. Ce constat résonne comme un terrible aveu d’impuissance.

Les joueurs, le sélectionneur et, avec eux, leur président ont beau nous abreuver de discours rassurants et vaporeux. La vérité est là. Cruelle. Les Bleus sont devenus une équipe terriblement ordinaire qui a absolument besoin du ciment d’une victoire pour entretenir l’illusion d’un destin moins contrarié.

Le Parisien

 
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