CERTES, ce n’est pas encore, d’un strict plan arithmétique, un match couperet. Certes, une défaite à Constanta n’éliminerait pas la France de la phase finale du Mondial 2010. Certes, un succès ne la qualifierait pas davantage. Mais ce Roumanie - France a pourtant un prix : inestimable. Il vaut trois points comme les autres, mais décidera de l’avenir de Raymond Domenech et s’inscrira à un carrefour de l’histoire contemporaine de la sélection tricolore.
Des Roumains invaincus chez eux depuis 2002
La symbolique d’un voyage en Roumanie n’échappe à personne. Il y a treize ans jour pour jour, les Bleus d’Aimé Jacquet posaient à Bucarest (3-1) l’acte fondateur d’une incroyable épopée humaine et sportive achevée en apothéose le 2 juillet 2000 à Rotterdam. Sans constituer un faisceau de certitudes sur le long terme, une victoire empanachée calmerait l’environnement, apaiserait les craintes des sponsors et du public, pour le moins circonspects. Or, si des progrès ont été esquissés face à la Serbie (2-1), on n’a jamais vraiment ressenti cette libération, cette légèreté et cette spontanéité propices aux grandes destinées. C’est dire si les premières minutes de la partie seront déterminantes pour instiller la confiance dans les rangs, au lieu du doute.
Ce soir, puis au printemps face à la Lituanie, deux ou trois patrons doivent émerger afin de tirer derrière eux les plus jeunes. Sur les rives de la mer Noire, l’équipe de France doit recommencer à parler un langage commun. Mais si le coeur des Bleus ne bat pas encore à l’unisson, celui de leurs adversaires n’est plus étreint par l’angoisse à l’idée de les défier.
Raymond Domenech, lui, mesure bien la précarité de sa position en s’avançant sur une terre où la sélection locale est invaincue depuis 2002. On aimerait qu’une envie assaille ses Bleus de se comporter enfin en compétiteurs, de tout ramener à l’intérêt national, l’espace d’un match. Il n’y aura pas d’autre moyen pour eux de s’en sortir.
Le Parisien











